Croix-Rouge et Croissant-Rouge tirent la sonnette d’alarme

Afrique australe: Famine et sida, pas assez d’argent pour éviter la catastrophe

Genève, le 20 août 2002 (APIC) La famine et la pandémie du sida qui sévissent en Afrique australe amènent à grands pas la région vers la catastrophe humanitaire. Pour le seul Zimbabwe on compte plus d’un million d’orphelins, dont 77% à cause du sida. Pourtant l’appel de fonds de près de 90 millions de francs de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge n’obtient à ce jour qu’un résultat  » très décevant »

Plus de trois millions d’enfants de la Zambie, du Zimbabwe, du Malawi, du Swaziland et du Lesotho ont perdu père ou mère, voire leurs deux parents. D’après les Nations Unies, la Zambie compte à elle seule près de 900’000 orphelins, soit 17,6 % du total des enfants du pays et les deux tiers d’entre eux sont des orphelins du sida. Au Zimbabwe, la situation est pire, avec plus d’un million d’orphelins, dont près de 77 % ont perdu leurs parents à cause de la pandémie.

Les statistiques pour le Malawi, le Lesotho et le Swaziland ne sont guère différentes. Dans ces trois pays, entre 50 et 60 % des orphelins ont perdu un de leurs parents à cause du sida. Et, dans les cas où un des parents est mort du sida, la probabilité est très forte pour que le second succombe à son tour.

Or, les orphelins sont parmi les premiers à souffrir de la faim dans cette région frappée par une grave crise alimentaire. En outre, le soutien traditionnellement offert par la famille élargie est mis à rude épreuve par la combinaison de la pénurie et de la discrimination liée au VIH/sida, confrontant les gens à des choix impossibles.

« La gravité de la crise excède largement la capacité des familles élargies à répondre aux besoins des orphelins, confirme Renny Nancholas, responsable de la sécurité alimentaire en Afrique australe pour la Fédération internationale. « De fait, beaucoup de gens sont confrontés à un choix extrêmement cruel: nourrir les orphelins, ou leurs propres enfants. A l’évidence, les orphelins sont souvent sacrifiés. »

La situation va encore s’aggraver si les donateurs ne répondent pas assez généreusement aux appels de fonds visant à atténuer les conséquences de la disette. Le mois dernier, la Fédération internationale a lancé pour sa part un appel de 89,2 millions de francs suisses, pour les cinq pays les plus durement affectés. Mais, à ce jour, la réponse est très décevante.

« La crise alimentaire s’accentue de jour en jour », insiste Iain Logan, directeur des opérations de secours à la Fédération internationale. « Il est encore temps d’éviter qu’elle ne se transforme en une véritable catastrophe humanitaire, mais, pour cela, il faut que les bailleurs de fonds se mobilisent de toute urgence. Nous devons impérativement procurer de la nourriture aux foyers les plus vulnérables sans délai. »(apic/iac/sh)

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