Inde: Polémiques sur d’éventuelles conversions forcées de Sikhs au christianisme
New Delhi, 23 août 2002 (APIC) Les polémiques sur d’éventuelles conversions forcées de membres de la communauté des Sikhs au christianisme font rage en Inde. Un vif débat oppose le vice-président de la Commission Nationale sur les Minorités (NCM), Tarlochan Singh, et l’archevêque de New Delhi, Mgr Vincent Concessao.
Dans une interview accordée à l’agence de presse missionnaire MISNA, Tarlochan Singh a accusé des missionnaires chrétiens d’avoir converti récemment des sikhs résidant dans plusieurs villages du Punjab (Etat du nord de l’Inde) et du Jharkhand (est de l’Inde), après leur avoir donné des médicaments pour soigner des maladies.
Selon le vice-président de la NCM, après les traitements, les missionnaires auraient dit aux sikhs que la guérison n’était pas due aux médicaments mais à Jésus Christ. Après avoir reçu des coups de fil et des lettres à ce sujet de la part de diverses associations sikhs, Tarlochan Singh a envoyé mercredi une lettre à Mgr Concessao et au président du Conseil National des Eglises en Inde (NCCI), Geevargheese Marcoorilos.
Appel à renoncer aux conversions, démenti de l’Eglise
Rappelant que la cohabitation entre les deux communautés religieuses en question avait toujours été pacifique, le numéro deux de la NCM a tout de même invité les chefs chrétiens à bloquer d’éventuelles tentatives de conversion des sikhs. L’archevêque de New Delhi, également interviewé par l’agence MISNA, a immédiatement répliqué qu’aucune conversion forcée n’avait eu lieu dans les deux Etats cités.
Il a affirmé que qui tentait de convertir quelqu’un de force avait une mauvaise connaissance de ce qu’est la conversion, qui est un libre choix de tout individu. Mgr Concessao a ajouté que l’acte de conversion ne pouvait être considéré hors la loi car la Constitution indienne garantit la liberté de religion à tous les citoyens. L’Eglise est de toute façon contraire aux conversions forcées, qui doivent, elles, être punies par la loi.
Rencontre entre chrétiens et fondamentalistes hindous
D’autre part, dans un climat de polémiques, les dirigeants du mouvement fondamentaliste hindou RSS (Rashtriaya Swayamsewak Sangh, Organisation des volontaires nationalistes) et des responsables chrétiens se sont entretenus jeudi à Kottayam, dans l’Etat indien du Kerala. Le leader du RSS, K. Sudarshan, a voulu aborder d’emblée des questions controversées, comme les conversions menées par les chrétiens et les financements provenant de l’étranger dont bénéficient les Eglises chrétiennes en Inde. Sous l’apparence d’un dialogue, la rencontre risquait en réalité de tourner en mise en accusation des chrétiens par les nationalistes du RSS.
Pour cette raison, le Conseil Global des Chrétiens de l’Inde (GCIC) et la Conférence épiscopale catholique ont refusé d’envoyer leurs représentants à la réunion. L’évêque auxiliaire de Kottayam, Mgr Mathew Moolakkattu, a révélé à l’agence MISNA que des représentants laïcs de la communauté catholique avaient cependant participé aux entretiens. Aucune réaction officielle n’a encore été rendue publique. (apic/misna/be)
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