Un ecclésiastique de haut rang surveillait le futur pape Jean Paul II

Pologne: Les services secrets polonais espionnaient l’archevêque de Cracovie, K. Wojtyla

Varsovie, 25 août 2002 (APIC) Les services secrets polonais espionnaient l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, dans les années 50-60. Le régime communiste avait réussi à infiltrer un «ecclésiastique de haut rang» dans l’entourage proche du futur pape Jean Paul II, révèle un responsable de l’Institut pour la mémoire nationale IPN à Varsovie. L’IPN est chargé depuis deux ans de recueillir et d’étudier les documents des organes de sécurité de l’Etat de l’époque communiste et les crimes commis en Pologne par les nazis.

Les services de sécurité communistes polonais avaient placé cet ecclésiastique dans les bureaux de l’archevêché de Cracovie, mais ils avaient également des espions à la Conférence épiscopale polonaise. Ce prêtre «retourné» par les services de sécurité, qui fut emprisonné par les nazis, a été victime d’un chantage pour des affaires de moeurs. Il travaillait sous les noms de code de «Zagielowski» et «Torano» et il est mort dans les années 60 à l’âge de 70 ans. C’est la première fois que se confirment les soupçons que les services secrets communistes espionnaient Karol Wojtyla avant son élection comme pape en 1978.

Selon Marek Lasota, l’un des responsables de la branche de l’IPN à Cracovie, il s’agissait d’un ecclésiastique haut placé non seulement à l’archevêché de Cracovie, mais également au niveau de l’épiscopat polonais. Actif de 1948 à 1964, il est considéré comme le meilleur de tous les agents infiltrés dans les instances de l’Eglise sous le régime communiste «du point de vue des activités opérationnelles», affirme Marek Lasota.

1’500 prêtres ont collaboré avec les services secrets communistes

Selon l’IPN, quelque 1’500 prêtres ont collaboré avec les services secrets communistes en Pologne. L’Etat espionnait les activités de l’Eglise catholique, car de nombreux dissidents se réunissaient clandestinement dans ses locaux durant les années de répression.

L’agent infiltré à l’archevêché de Cracovie a également été un temps très proche du cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne; il l’a accompagné dans des voyages et fut son confesseur. Il a également analysé les homélies de Karol Wojtyla – nommé évêque auxiliaire de Cracovie en 1958, puis archevêque en 1964. L’ecclésiastique en question examinait aussi les allocutions et la correspondance privée de Karol Wojtyla. Selon Marek Lasota, ces documents n’ont cependant rien révélé qui ait pu incriminer quiconque pour activités anticommunistes. Selon le quotidien polonais «Gazeta Wyborcza», «Torano» a été remplacé après sa mort par un autre agent, portant le pseudonyme de «Carmen», mais il aurait été bien moins efficace que son prédécesseur. JB

Encadré

L’Institut pour la mémoire nationale IPN

L’Institut pour la mémoire nationale (IPN), créé par une loi du 18 décembre 1998, a son siège dans le Palais de la Justice a Varsovie. 10 sections de l’Institut ont été fondées dans toutes les villes où il existe une cour d’appel. L’Institut, qui travaille de manière indépendante des pouvoirs publics, est chargé de recueillir et de gérer les documents des organes de sécurité de l’Etat, établis entre le 22 juillet 1944 et le 31 décembre 1989, de mener des enquêtes sur les crimes nazis et communistes et de s’occuper de l’activité éducative. L’Institut reprend les archives du Ministère de l’Intérieur et de l’administration, de l’Office de la protection de l’Etat, du Ministre de la Défense nationale, du Ministère de la Justice, et les archives des dossiers nouveaux. (apic/kna/bbc/be)

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