Organisations d’aide au développement, associations de retraités, de handicapés, de défense de l’environnement, aide suisse contre le sida, associations caritatives et de lutte contre l’illettrisme, Pro Infirmis et Pro Juventute. Une be

Toutes ces ONG ont appelé le peuple suisse à voter le 22 septembre prochain en faveur du contre-projet du Conseil fédéral et du Parlement intitulé « L’or à l’AVS, aux cantons et à la Fondation ». Le Forum des oeuvres d’entraide pour la Fondation Suisse solidaire regroupe une quarantaine d’ONG actives en Suisse et à l’étranger.

Son but: contrer la campagne populiste de l’Union démocratique du centre (UDC), qui veut attribuer le produit de la vente des réserves d’or excédentaires de la Banque nationale à la seule assurance-vieillesse et survivants (AVS). Il s’agit en l’occurrence de 1’300 tonnes d’or dont la Banque nationale Suisse n’a plus besoin pour mener à bien sa politique monétaire, ce qui représente un patrimoine d’environ 19 milliards de francs.

Trois parts égales: l’AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire

Selon le projet du Conseil fédéral, seuls les intérêts générés par ce placement, qui représentent une somme de 500 à 700 millions de francs, seront utilisés et répartis durant trente ans à parts égales entre l’AVS, les cantons et la Fondation Suisse solidaire. L’UDC est contre.

Jean-Luc Pittet, secrétaire général de Terre des Hommes Suisse et représentant de la Fédération genevoise de coopération, a estimé que la proposition de Christophe Blocher et de l’UDC n’est pas une solution pour le financement de l’AVS, ou une solution à très court terme: le transfert de ces 19 milliards directement à l’AVS n’en couvrirait les besoins que pendant huit mois! Tandis que la proposition du Conseil fédéral et du Parlement permet de conserver le capital intact et laisse à la prochaine génération la possibilité d’en décider dans 30 ans!

Sur 100 francs, 34 centimes seulement vont à l’aide extérieure

Insécurisés par les discussions sur le financement des retraites – notamment par la valse-hésitation du Conseil fédéral sur le taux de couverture du 2ème pilier – les personnes âgées pourraient être tentées par l’initiative de l’UDC. Pour lever les craintes des aînés, il s’agit pour Jean-Luc Pittet de corriger certaines croyances qui ont la vie dure, celui par ex. du coût excessif de l’aide au développement.

De plus en plus de citoyens en effet estiment que des sommes immenses sont dépensées pour l’aide extérieure de la Confédération, qui fermerait les yeux sur la détresse en Suisse, où il ne resterait que la portion congrue pour faire face aux problèmes sociaux. « Dans les faits, précise Jean-Luc Pittet, sur 100 francs produits par la population suisse, 25 francs servent à nos propres assurance sociales, contre 34 centimes seulement pour la coopération au développement et l’aide humanitaire extérieure. »

Les aînés veulent se montrer solidaires et soutiendront la Fondation Suisse solidaire

Les aînés veulent se montrer solidaires des jeunes générations et soutiendront la Fondation Suisse solidaire, a lancé pour sa part Angeline Fankhauser, présidente de la Fédération des associations des retraités et de l’entraide en Suisse (FARES) et coprésidente du Conseil suisse des aînés (CSA).

L’ancienne conseillère nationale du parti socialiste a rappelé que les personnes âgées, qui ont vécu des périodes difficiles, connaissent la valeur de la solidarité, fondement de l’AVS. Et de se gausser de ceux qui prétendent prendre la défense des retraités en prônant le chacun pour soi: « L’expérience a appris à la génération des aînés à faire preuve de scepticisme lorsque M. Blocher recommandait de placer en bourse des parties des fonds de l’AVS et de laisser spéculer le ’génial’ professionnel de la finance Martin Ebner à la place de l’Etat. »

10% de la population vivant en Suisse est affectée par la pauvreté

250’000 personnes en Suisse ne parviennent pas à vivre de leur salaire, près de 230’000 enfants grandissent dans des conditions précaires, et au total, plus de 10% de la population vivant en Suisse est affectée par la pauvreté. Le groupe le plus touché est celui des mères qui élèvent seules leur famille, a précisé pour sa part Brigitte Steimen, directrice de l’OEuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO). « Vaincre la pauvreté en Suisse est un défi majeur pour notre société. La Fondation Suisse solidaire permettra d’élaborer des ébauches de solutions novatrices et aidera à relever ce défi ».

Même son de cloche de la part de Ruedi Prerost, conseiller politique et social de Pro Infirmis, qui relève que l’on entend souvent dire que la Suisse n’aurait pas besoin de la Fondation Suisse solidaire parce que la couverture sociale serait suffisante. Faire plus serait un luxe, prétendent certains. Mais, rappelle Ruedi Prerost, toutes les organisations d’entraide en Suisse sont confrontées à des situations d’urgence pour lesquelles il n’y a pas d’aide sociale, des oeuvres caritatives n’ont pas encore de reconnaissance officielle, tout en faisant un travail remarquable pour faire face à de nouvelles détresses.

Des idées de projets à foison

Et le conseiller de Pro Infirmis de suggérer des thèmes où l’aide de la Fondation Suisse solidaire serait utile: un programme pour s’attaquer à la violence entre les jeunes, un phénomène qui se développe; un autre concernant le 10% de la population suisse touchée par l’illettrisme; des projets pilotes pour l’intégration des handicapés dans le monde du travail. Daniel Bolomey, secrétaire général de la section Suisse d’Amnesty International, verrait lui l’intervention de la Fondation dans l’action préventive, par ex. dans le domaine de l’éducation et de la culture des droits humains, ou pour aider à la réhabilitation d’enfants soldats dans le cadre de programmes de démobilisation en cours en Afrique.

Les organisations d’entraide l’affirment, la Fondation Suisse solidaire n’est pas un « gadget », car les besoins pour faire face aux problèmes sociaux aigus en Suisse et à l’étranger sont nettement supérieurs aux ressources disponibles. Christophe Stückelberger, président de la Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le Prochain/Helvetas/Caritas, l’a rappelé en saisissant trois grosses pommes d’or transpercées par une flèche, dans une allusion au mythique Guillaume Tell.

Il a partagé l’une de ces pommes – la part revenant à la Fondation Suisse solidaire – en deux, en précisant que seul ce 6ème du produit de l’or excédentaire irait à l’étranger. Le reste aidera en Suisse: pour soulager les finances des cantons, celles de l’AVS, et soutenir des projets destinés à renforcer la cohésion sociale en Suisse.

Pas confondre avec le fonds d’indemnisation des victimes de l’holocauste

Pas question donc de confondre avec le fonds d’indemnisation des victimes de l’holocauste – la Fondation Suisse solidaire n’est pas concernée – ou avec les demandes de dédommagements des victimes de l’apartheid. « L’argent de la Fondation doit être utilisé conformément aux buts fixés dans la loi, il ne servira donc pas à financer des structures, des organisations ou des personnes, mais des projets orientés vers l’avenir ».

Et l’avenir, c’est aussi créer un monde plus sûr, « car nous ne continuerons à prospérer nous-mêmes à long terme que dans la mesure où la grande majorité des êtres humains sera libérée du joug de la pauvreté et de la discrimination, grâce en partie aussi à notre solidarité ». Pour souligner la nécessité d’une sécurité pour tous, Christophe Stückelberger a évoqué l’agression armée dont a été victime dimanche à Johannesbourg Rosmarie Bär, coordinatrice pour la politique de développement de la Communauté de travail des oeuvres d’entraide et membre de la délégation suisse au Sommet sur le développement durable. (apic/be)

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