Genève: Vif débat au Comité central du COE sur le culte oecuménique
Genève, le 30 août 2002 (APIC) La définition d’un cadre permettant aux chrétiens engagés dans la quête de l’unité de célébrer ensemble le culte, alors qu’ils ont des liturgies et des cérémonies différentes, a déclenché un débat animé le jeudi 29 août lors de la réunion du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui a lieu à Genève du 26 août au 3 septembre. Ce débat a presque éclipsé l’autre ordre du jour: la prise de décision par consensus au sein du COE.
Une recommandation de ne plus employer l’expression «culte oecuménique» lors des rassemblements du COE et de faire la distinction entre «prière commune confessionnelle» (liturgies officielles des Eglises membres) et «prière commune interconfessionnelle» (qui se compose d’éléments empruntés à différentes traditions) a dominé les discussions. Le débat a suivi la présentation d’un rapport essentiel de la Commission spéciale sur la participation orthodoxe au COE, destiné à faciliter les relations entre le COE et ses Eglises orthodoxes membres.
La Commission spéciale a été créée en 1998 par la huitième Assemblée du COE réunie à Harare, au Zimbabwe, en raison de l’insatisfaction de plus en plus vive manifestée à l’égard du COE par les Eglises orthodoxes, qui reprochaient au COE «la domination protestante» de l’ordre du jour théologique et social, et du processus de prise des décisions.
Lors des rassemblements du COE, les Eglises membres protestantes ont généralement adopté un style de culte de plus en plus informel, combinant des éléments liturgiques de différentes traditions. D’autre part, les orthodoxes, dont l’identité en tant qu’Eglise est étroitement liée à leur style liturgique formel ainsi qu’à son contenu, ont manifesté leur insatisfaction devant ce qui était appelé «cultes oecuméniques».
«Cette proposition ne signifie en aucune façon bannir le mot culte», a souligné le théologien Peter Bouteneff, de l’Eglise orthodoxe d’Amérique. C’est un appel à nommer avec précision les services de culte afin d’éviter de donner un signal erroné à certaines traditions et cultures. Si nous nommons ces liturgies pour ce qu’elles sont, alors nous pourrons tous célébrer le culte avec intégrité.
L’évêque Margot Kaessmann, de l’Eglise évangélique d’Allemagne et personnalité influente du Comité central, a confié avoir été attirée au COE il y a vingt ans par les cultes de l’Assemblée à Vancouver, au Canada, «Je ne pense pas que ce document soit tourné vers l’avenir», a-t-elle fait remarquer, en qualifiant la proposition concernant le culte de «presque effrayante».
La question de la prise de décision
Cette discussion a presque éclipsé une autre proposition, d’une portée considérable – faire passer le COE de la prise de décisions à la majorité à la prise de décisions par consensus – qui avait soulevé un vif débat avant la réunion. Selon les propositions présentées le jeudi 29 août, «la méthode de consensus» serait appliquée «à toutes les étapes des discussions sur les questions éthiques et sociales». Ceci permettrait à «une famille d’Eglises ou à tout autre groupe d’Eglises de voir ses objections prises en compte et satisfaites avant l’adoption d’une quelconque proposition».
Selon le rapport, le COE est «un lieu privilégié pour soulever et discuter ensemble des questions morales auxquelles sont confrontées les Eglises et la société». Néanmoins, il y avait, a constaté la Commission spéciale, une insatisfaction exprimée par les orthodoxes et d’autres à l’égard de la façon dont «certaines questions éthiques et sociales ont été mises à l’ordre du jour du COE et de la manière dont elles ont été traitées». «Plus spécifiquement, l’impression a été donnée que les Eglises ont été contraintes de traiter des questions dont elles pensent, soit qu’elles sont étrangères à leur vie, soit qu’elles n’ont pas à être discutées dans une organisation mondiale.» A l’avenir, demande le rapport, «le COE doit en permanence faire le point sur les procédures employées pour traiter des questions sociales et éthiques soumises aux discussions communes».
Une autre proposition – celle de créer un Comité permanent (sur la participation des orthodoxes au COE) selon le principe de la parité, qui se composera de 14 membres, dont la moitié d’orthodoxes – a déclenché des réactions. Certains ont fait remarquer que ce Comité – qui poursuivrait le travail de la Commission spéciale et donnerait des conseils en vue de réaliser un consensus sur les thèmes proposés à l’ordre du jour du COE – empiéterait sur les structures existantes. Ces prochains jours, quatre sous- groupes du Comité central vont se pencher sur le rapport, et une décision finale devrait intervenir au début de la semaine prochaine (apic/com/sh)
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