Dérives sécuritaires à la hausse

Londres: AI dénonce les abus gouvernementaux suite aux attentats du 11 septembre

Londres, 5 septembre 2002 (APIC) Amnesty International (AI) dénonce la dégradation des droits de l’homme après les attentats du 11 septembre. Le Royaume-Uni est notamment accusé de « graves violations des droits humains » sur des détenus appréhendés dans le cadre d’enquêtes anti-terroristes. AI soumet le 5 septembre au gouvernement britannique un mémorandum l’exhortant « à remédier aux carences ».

Dans un rapport intitulé « Des droits bafoués: la réaction du Royaume- Uni aux attentats du 11 septembre 2001 », Amnesty dénonce les conditions d’incarcération réservées aux personnes appréhendées au lendemain des attentats. Impossibilité de consulter un avocat, manque d’assistance médicale, 22 heures d’enfermement quotidien, isolement par petit groupe et restriction dans la pratique religieuse constituent autant de manquement qui « peuvent entraîner une grave détérioration de la santé physique et mentale ».

Livio Zilli, auteur du rapport d’AI, dénonce également les rencontres avec les familles de détenus qui ont lieu en présence d’un surveillant et sont enregistrées. Parfois, une vitre sépare les visiteurs des détenus.

A la date du 17 juillet 2002, aucune des personnes détenues n’avait été interrogée par les autorités du Royaume-Uni en vertu de la loi 2001 relative à la sécurité et la lutte contre la criminalité et le terrorisme. Livio Zilli affirme que de telles lois et pratiques permettent au « gouvernement de créer une justice parallèle dépourvue des garanties essentielles qui figurent dans le système de justice pénale ».

Amnesty dénonce également la passivité du gouvernement britannique qui n’a entrepris aucune démarche en faveur de leur sept rassortissants empoissonnés à Guantánamo. Ni pour leur accorder le statut de prisonnier de guerre, ni pour assurer la présence d’un avocat lors d’interrogatoires par les services de renseignements anglais et américains.

Algérien, musulman, pilote instructeur: sept mois d’incarcération

Pour avoir répondu au profil: Algérien, musulmans, pilote et instructeur aux Etats-Unis, Lofti Raïssi, soupçonné d’être impliqué dans les attentats du 11 septembre, a été incarcéré durant sept mois dans la prison de haute sécurité de Belmarch. Les autorités américaines ont finalement été dans l’incapacité d’apporter la moindre preuve de leur accusation. (apic/com/sh)

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