Soudan: Le président Omar el Bachir incite la population au Djihad
Karthoum, 6 septembre 2002 (APIC) « Le Djihad (guerre sainte) continuera tant que la sécurité et la stabilité ne seront pas obtenues ». Tels sont les propos tenus par le président soudanais Omar el Bachir devant la foule réunie sous le palais présidentiel pour manifester contre la prise de la ville de Torit par les rebelles de la SPLA (Armée de libération des Peuples Soudanais).
En s’adressant aux manifestants, le chef de l’Etat a encore une fois souligné que la reconquête de Torit est considérée par les forces armées soudanaises comme une priorité. La capitulation de cette ville a interrompu les négociations de paix entre les deux belligérants au Kenya, relève l’agence d’information MISNA. D’après des indiscrétions, la concentration de troupes de l’armée régulière se poursuit dans la ville de Juba (Equatoria), à plus de 1’200 kilomètres au sud de la capitale, bastion des militaires dans un vaste territoire en grande partie contrôlé par les rebelles.
D’après les récentes déclarations, le chapitre diplomatique entre les deux parties serait clos. Reste à savoir s’agit d’une phase transitoire ou non. En effet, le président kenyan Daniel arap Moi a affirmé hier avoir reçu du président soudanais des assurances quant à la poursuite du dialogue avec les rebelles de la SPLA. Cependant, Khartoum continue à soutenir que les entretiens ne reprendront que le jour où les hommes de John Garang auront cessé leurs offensives.
Introduction de la charia abandonnée?
Pour la première fois, au centre des négociations brusquement interrompues le 2 septembre, ne figurait pas l’application de la charia (loi islamique) dans la partie méridionale du pays habitée surtout par des animistes et des chrétiens et pas même l’autodétermination revendiquée par les provinces du sud. Ces questions ont été « partiellement résolues » par le protocole signé à Machakos le 20 juillet dernier. D’autres en revanche étaient inscrites à l’ordre du jour. Parmi ces dernières figure ce que d’aucuns ont qualifié de « noyau du problème »: le pétrole. En effet, les homme de John Garang demande au président Omar el Bechir le partage des entrées de l’or noir pour relancer le développement du sud du pays. Le gouvernement réplique en demandant un cessez-le-feu définitif, ce qui signifie l’abandon de la lutte armée par la SPLA.
Le conflit entre le gouvernement de Karthoum et les troupes rebelles du sud du pays ensanglante le pays depuis 1983. (apic/misna/bb)
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