Paris: Occupation le 15 septembre 2002 de l’église St-Ambroise par des sans- papiers
Paris, 16 septembre 2002 (APIC) Une nouvelle église a été occupée pour quelques heures dimanche à Paris, par 150 sans-papiers. Une occupation qui intervient après d’autres actions semblables, en France comme Suisse. Dans une interview accordée au quotidien catholique français «La Croix», Mgr Jean-Luc Brunin, évêque auxiliaire de Lille, estime que l’Eglise est dans son rôle en intervenant dans le débat des sans-papiers.
Quelque 150 sans-papiers, Africains et Chinois la plupart, ont investi dimanche 15 septembre 2002 vers 9H30 pendant la messe l’église Saint- Ambroise à Paris. Ils ont réclamé la régularisation de tous les sans- papiers, et se disent opposés au règlement de leur situation au cas par cas. Ils ont quitté l’église vers 13 heures, sans incidents. Une délégation des manifestants sera reçue sans doute mercredi 18 septembre 2002 par le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris.
Dans l’entretien accordé à «La Croix», le président du Comité épiscopal des migrants et des gens du voyage n’admet pas que l’Eglise se voit forcée la main. «Un accueil, dit-il, est toujours négocié. Si c’est un coup de force, il ne peut y avoir de suite».
L’attention s’est focalisée sur l’accueil des sans-papiers par les Eglises, mais, fait remarquer Mgr Brunin, la question est posée à toute la société: «Que fait-on de ces milliers de personnes qui sont sur notre territoire, parfois depuis des années». Manipulée, l’Eglise? L’évêque auxiliaire de Lille se défend d’être «absolument naïf». L’Eglise a été sollicitée, relève- t-il, elle répond car c’est sa vocation que d’accueillir les plus pauvres. Reste que «son accord est négocié, limité. Elle agit dans le cadre d’une médiation avec les pouvoirs publics.
Selon Mgr Brunin, l’intervention de l’Eglise a permis une prise de position «réaliste et humaine» des cas des sans-papiers. Même si on peut contester la position de l’Eglise, elle a remplis pleinement sa mission prophétique, assure le prélat. «Il ne s’agit pas d’une prise de position politique. L’Eglise sait que les solutions ne sont pas simples. Mais elle se reconnaît le droit d’être présente dans le débat.
Mgr Brunin prend le dossier de sans-papiers de Paris comme une question fondamentale de foi de l’Eglise: «L’accueil des hommes en difficultés.» Mais il reconnaît par ailleurs que les modalités de cet accueil sont sujet à discussions. (apic/Lacroix/mmm)
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