Sénégal: Le débat sur la suppression de la peine capitale divise les ONG
Dakar, 20 sept (APIC) Une polémique sur la suppression de la peine de mort dans le code pénal sénégalais a opposé le 18 septembre à Dakar les différents membres des ONG de défense de droits de l’homme. Partisans et adversaires sont restés sur leurs positions. Malgré son prestige international, le Sénégal applique encore un abolitionnisme de fait.
Le Code pénal sénégalais prévoit la peine de mort pour des cas de délits graves dont les meurtres. Mais dans ce pays, seuls deux condamnés à mort ont été exécutés depuis l’accession à l’indépendance en 1960. Depuis, la loi n’a pas était appliquée.
Les autorités sénégalaises maintiennent cette loi dans le code pour son caractère dissuasif. «L’abolition de la peine de mort est une question complexe et délicate qui nécessite une large sensibilisation de la population pour des raisons culturelles, religieuses et légales», a déclaré le magistrat Malick Sow.
Le président de l’Organisation nationale de défense des droits de l’Homme (Ondh), Me El hadj Guissé, conteste le caractère dissuasif de cette loi. «Si l’exécution capitale était dissuasive, on aurait dû assister à un recul de la criminalité aux Etats-Unis où toutes les quatre minutes un homme est tué», a-t-il indiqué. Le Sénégal, a-t-il ajouté, est un pays abolitionniste de fait. Car, à part les deux cas d’exécution, tous les autres gouvernements s’arrangent pour ne pas l’appliquer.
L’imam Moussa Guèye a pour sa part dénoncé «le mimétisme juridique» des sénégalais qui consiste à ratifier les conventions internationales sans tenir compte des réalités sociales et culturelles de leur pays. (apic/apmc/ic/mmm)
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