Etats-Unis: Renfort religieux baptiste pour la croisade de Bush contre Saddam Hussein
Washington, 20 septembre 2002 (APIC) La croisade du président George W. Bush contre Saddam Hussein ne parvient pas à convaincre la Conférence épiscopale américaine, qui refuse pour l’instant une attaque préventive et unilatérale pour renverser l’homme fort de Bagdad. Consolation pour la Maison Blanche: la très fondamentaliste Convention Baptiste du Sud apporte son soutien à l’usage de la force contre un régime qu’elle compare à celui de Hitler.
Alors que le Vatican et l’ensemble des conférences épiscopales dans le monde considèrent qu’une guerre préventive contre l’Irak ne pourrait en aucun cas avoir lieu sans l’aval des Nations Unies et dans le respect du droit international, les baptistes du Sud sont moins scrupuleux. Après des mois de commentaires critiques de la part des responsables religieux tant à travers le monde qu’aux Etats-Unis, ils volent au secours de l’administration Bush qui veut en finir par tous les moyens avec le régime de Bagdad.
L’administration « hitlérienne » de Saddam Hussein
La Convention baptiste du Sud, forte de 16 millions d’adhérents, soutient le recours à la force pour renverser Saddam Hussein. Richard Land, président de la Commission pour l’éthique et la liberté religieuse de la Convention baptiste, a estimé que le renversement de l’administration « hitlérienne » de Saddam Hussein signifierait « un coup stratégique et important porté au terrorisme ». Pour le religieux va-t-en guerre, la même chose vaut pour des gouvernements comme ceux d’Arabie Saoudite, d’Iran et de Syrie
« Les Etats-Unis ne devraient pas rester sans rien faire en attendant que leurs alliés en Europe veuillent bien signifier leur soutien », déclare-t-il en ironisait sur le fait que les Etats-Unis ont dû au XXe siècle extirper par deux fois les Européens « de conflagrations qu’ils avaient causées eux-mêmes. » Cet enthousiasme guerrier qui fait fureur Outre-Atlantique – et qui contamine même l’opposition démocrate américaine – n’a cependant pas l’heur de plaire aux autres communautés baptistes.
Ainsi, rapporte le quotidien britannique « The Guardian », le Révérend David Coffey, secrétaire général de l’Union Baptiste de Grande- Bretagne, a déclaré au « Baptist Times » qu’une frappe préventive contre le territoire souverain d’un autre pays signifierait s’engager sur un chemin « terriblement dangereux ». Dans une lettre au président Bush datée du 13 septembre et rendue publique le 17 septembre à Washington, les évêques catholiques américains ont estimé difficile de justifier à ce stade une extension à l’Irak de la guerre contre le terrorisme, car il manquait une preuve claire et évidente de l’implication de Bagdad dans les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles de New York et le Pentagone. La missive était signée de Mgr Wilton Daniel Gregory, évêque de Belleville, dans l’Illinois, actuel président de la Conférence épiscopale catholique des Etats-Unis. (apic/cns/gard/be)
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