2’000 personnes sans rien après l’attaque à Nyankunde

Congo démocratique: Les rescapés du massacre entre tribus Hema et Lendu arrivés à Oicha

Kisangani, 25 septembre 2002 (APIC) 700 rescapés des affrontements sanglants qui ont fait un millier de morts au début septembre entre les tribus Hema et Lendu, dans la province congolaise de l’Ituri, ont échappé à la mort. Après un long et éprouvant périple dans la forêt dense, ils sont parvenus à la ville Oicha, dans le Nord-Kivu, indiquent les sources missionnaires à Londres.

Selon ces rescapés, 2’000 personnes seraient abandonnées à leur triste sort à Nyankunde, dans l’Ituri, qui se trouve dans le diocèse de Bunia, au Nord-Est de la République démocratique du Congo. La ville dévastée est désormais frappée par le choléra.

Des médecins, infirmières et patients ont dû parcourir environ 170 kilomètres en pleine forêt pour atteindre la ville d’Oicha. Parmi eux, Marianne Baisley, une religieuse canadienne de 75 ans, qui a refusé d’être évacuée par avion avec d’autres expatriés le 13 septembre, après la destruction du Centre médical de Nyankunde lors des combats entre tribus Hema et Lendu. Selon des sources missionnaires anglicanes, ces luttes interethniques qui ont déjà fait des milliers des morts et des centaines de milliers de déplacés, seraient manipulées de l’extérieur.

Tout est dévasté, aumônier brûlé vif

Les informations divergent sur le sort de Salomon Isereve, aumônier en chef du Centre médical évangélique de Nyankunde, qui aurait été torturé et brûlé vif. Un autre collaborateur de l’Eglise, Henri Basimake, coordinateur du programme de lutte contre le sida pour la province anglicane du Congo, a été tué par balles au retour d’une conférence à Nairobi.

A Nyankunde – un important centre chrétien comprenant un hôpital, un centre orthopédique, une pharmacie, des écoles, des églises et l’Institut panafricain de santé communautaire (IPASC) – «il ne reste plus rien», selon un réfugié. Tout a été dévasté. Environs mille personnes sont mortes au cours de ces affrontements, que les survivants appellent leurs «huit jours de calvaire». Ces combats ont été déclenchés à cause de la présence de matières précieuses, dont l’or, le diamant et le coltan, un matériau stratégique utilisé dans la fabrication des téléphones portables.

Pour le porte-parole de la Church Mission Society (CMS), présente sur les lieux depuis 1870, il faut en priorité pourvoir à l’approvisionnement en eau et en vivres à Nyankunde, reprendre le travail et trouver une solution à long terme pour rétablir la paix dans la région. La CMS, une organisation missionnaire anglicane dont le siège est à Londres, est installée dans cette région depuis le XIXe siècle, particulièrement au Nord-Est du Congo et au-delà du lac Albert, en Ouganda. (apic/eni/mmm)

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