Rome: Canonisation de Josémaria Escriva de Balaguer, dimanche 6 octobre
Rome, 30 septembre 2002 (APIC) Le 6 octobre prochain, le pape Jean Paul II canonisera Josémaria Escriva de Balaguer, fondateur de l’Opus Dei. Près de 300’000 personnes sont attendues à l’occasion de cette troisième grande canonisation de l’année, après celles de Padre Pio et de Juan Diego de Guadalupe. Si cet important mouvement de laïcs fondé au 20ème siècle a suscité ces dernières années de nombreux débats concernant son influence, il semble aujourd’hui avoir trouvé sa place.
A l’exemple de la canonisation du Padre Pio, le 16 juin 2002, celle de Mgr Josémaria Escriva de Balaguer rassemblera à Rome de gens venus du monde entier. Près de 300’000 personnes de 84 pays sont attendues dans la ville éternelle autour du 6 octobre. Environ un tiers des pèlerins viendront d’Italie, un second tiers du reste de l’Europe, et le reste des autres continents, et notamment de l’Amérique latine où le mouvement est particulièrement présent.
Le jour de la béatification du fondateur de l’Opus Dei, en 1992, déjà près de 250’000 membres et amis de l’Opus Dei avaient fait le déplacement. Les autorités politiques italiennes ont par ailleurs classé cette canonisation dans la catégorie des «grands événements», pour aider le comité organisateur de la canonisation dans la mise en place des différentes structures d’accueil.
Outre la messe de canonisation présidée par Jean Paul II sur la Place Saint- Pierre, le dimanche, puis la traditionnelle audience avec les pèlerins, le lendemain, différentes cérémonies marqueront toute la semaine suivante. Ainsi, 29 messes d’action de grâce seront célébrées dans 16 églises de Rome, les 8 et 9 octobre, par différents évêques et cardinaux du monde entier. Parmi eux, seront présents notamment le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid, le cardinal Ignace Moussa I Daoud, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, ou encore le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation des évêques.
Animations diverses
Pendant ce temps, les reliques du nouveau saint seront exposées dans la basilique Saint-Eugène de l’Opus Dei située au nord de Rome. Le 10 octobre, le prélat de l’Oeuvre, Mgr Javier Echevarria, présidera la dernière célébration, qui sera suivie du transfert des reliques à Sainte-Marie de la Paix. Par ailleurs, chaque soir, des animations seront prévues au port de Civitavecchia, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Rome, pour les quelque 10’000 pèlerins qui seront venus en bateau de France, d’Espagne mais aussi du sud de l’Italie. A cette occasion, un des quais du port sera baptisé du nom du nouveau saint.
Depuis les origines de l’Opus Dei, en 1928, de nombreuses polémiques ont circulé quant à l’objectif, souvent qualifié d’»obscur», du mouvement. Certaines personnes ont été jusqu’à traiter le fondateur d’»hérétique». «Les catholiques, et surtout les religieux, ont eu du mal à accepter que des laïcs puissent se consacrer à Dieu», a expliqué à I’APIC un membre de l’Opus Dei, Guillaume Derville, professeur à l’université de la Sainte- Croix, à Rome. «De nombreux prêtres et religieux, jusqu’au Concile Vatican II et même plusieurs années après, refusaient le fait qu’il puisse exister d’autres voies vers la sainteté que la vie religieuse».
Pour le père Guillaume Derville, membre du Conseil de la prélature, «Mgr Escriva n’a rien inventé dans ce domaine, il n’a rien voulu réformer dans l’Eglise». «Beaucoup de gens aujourd’hui pensent que la sainteté n’est pas pour eux, qu’elle est réservée aux prêtres, aux religieux et aux missionnaires, ajoute-t-il. Au contraire, Josémaria Escriva disait: ’restes où tu es, commissaire de police, chauffeur de taxi ou avocat, la sainteté t’attend là’».
Critiques
Les critiques à l’encontre de l’Oeuvre ont longtemps été relayées dans les pays d’Europe occidentale principalement, alimentées par ailleurs par une suspicion quant à l’action de l’Opus Dei dans la société. En 1992, une ancienne membre du mouvement, l’espagnole Maria de Carmen Tapia, a publié un livre très critique, intitulé «Au-delà du seuil: une vie à l’Opus Dei». Dans cet ouvrage, elle reprochait en particulier le culte du silence de l’organisation, son «prosélytisme», ses «manipulations psychologiques», ainsi que son attitude vis-à-vis des femmes.
Aujourd’hui, ces critiques semblent s’être calmées. Pour les responsables de l’Opus Dei, il s’agit du résultat de l’effort de communication qui a été fait au moment de la béatification de Josémaria Escriva de Balaguer, en 1992. «Alors qu’à l’époque il s’agissait d’expliquer les aspects novateurs de l’Oeuvre, aujourd’hui, nous essayons de faire passer le message qu’a voulu laisser le fondateur». C’est ainsi qu’en janvier dernier, à l’occasion du centenaire de la naissance du futur saint, un colloque a été organisé sur «la grandeur de la vie quotidienne», à la lumière de l’enseignement proposé par J. Escriva de Balaguer.
Jean Paul II n’a par ailleurs pas cessé d’apporter son soutien au mouvement. Depuis qu’il a élevé l’Opus Dei au rang de prélature personnelle en 1982 – équivalant à un diocèse sans frontières -, le pape a nommé plus d’une douzaine d’évêques appartenant à l’Oeuvre. Parmi eux, outre le prélat actuel, se trouvent notamment le cardinal Juan Cipriani, fortement contesté dans son pays en sa qualité d’archevêque de Lima, au Pérou, ou Mgr Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour l’Interprétation des Textes législatifs. Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, est également membre de l’Opus Dei. (imedia(apic/pr)
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