Le vide ainsi créé pourrait profiter aux fondamentalistes islamiques

Palestine: Les catholiques expriment leur inquiétude en cas de départ d’Arafat

Bethléem, 1er octobre 2002 (APIC) Les catholiques de Palestine expriment leur inquiétude en cas de départ du président Arafat, car le vide ainsi créé pourrait profiter aux fondamentalistes islamiques.

« Je crains que les extrémistes islamiques ne prennent le pouvoir, c’est la raison pour laquelle je souhaite qu’Arafat reste notre leader », déclare un étudiant de l’Université catholique de Bethléem. Un autre interlocuteur, qui ne veut pas non plus être identifié, est un homme d’affaires de la ville de la Nativité. Il déclare avec d’autres chrétiens partager l’inquiétude de l’étudiant.

Interrogé par l’agence de presse catholique américaine CNS, il craint que les successeurs d’Arafat n’aient pas une influence assez forte parmi les leaders palestiniens, notamment sur le chef du Hamas à Gaza, Cheikh Ahmed Yassin, « qui peut contrôler la rue ». « Arafat fait partie du mouvement séculier, alors les chrétiens sont inquiets de voir la montée en puissance du mouvement islamique ».

A Bethléem, où les chrétiens, bien que devenus une minorité, ont toujours une large base politique et économique, le Fatah d’Arafat conserve une forte influence. Mais dans d’autres endroits, comme Jéricho, les extrémistes islamistes gagnent de jour en jour du terrain, notent les observateurs.

Doutes sur la tenue d’élections en janvier prochain

Le maire de Bethléem, Hanna Nasser, une personnalité catholique reconnue, déclare pour sa part qu’aussi bien les Palestiniens que les Israéliens devraient s’inquiéter par l’instabilité créée par l’éventuelle destitution d’Arafat. « Une Palestine sans Arafat est inconcevable, et son départ n’aidera pas le processus de paix, mais créera encore plus d’instabilité », a-t-il déclaré. Le maire de Bethléem a exprimé des doutes, étant donné la situation actuelle, sur la possibilité que les Palestiniens puissent tenir des élections en janvier prochain comme prévu.

Plus rassurant, le professeur Bernard Sabella, qui enseigne la sociologie à l’Université de Bethléem, estime que les craintes envers les militants islamiques exprimées par certains chrétiens de la région pourraient se révéler infondées. « Arafat a été spécialement bon pour les relations islamo-chrétiennes, mais je crois aussi qu’il y a suffisamment de connaissance et de sagesse au niveau politique, social et économique dans les divers milieux de la société palestinienne, même au sein des éléments radicaux », poursuit Bernard Sabella.

Le sociologue palestinien est d’avis que les chrétiens doivent une fois pour toute laisser leur mentalité de minorité et s’impliquer eux- mêmes dans les enjeux politiques et sociaux de la société palestinienne. La semaine dernière, à Bethléem, des manifestations de soutien au président Arafat assiégé par les chars israéliens à Ramallah ont permis à des factions qui ne coopèrent pas d’ordinaire de travailler ensemble. Le Fatah et le Mouvement Islamique National ont ainsi organisé une démonstration commune d’étudiants et de jeunes devant la Basilique de la Nativité en faveur de la libération d’Arafat, prisonnier des décombres de la Muqata. (apic/cns/be)

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