Genève: L’Eglise catholique genevoise cherche de l’argent
Genève, 7 octobre 2002 (APIC) L’Eglise catholique genevoise, en proie depuis des années à de gros problèmes financiers, fait dans la « pub-provoc » et même dans la « pub alarmiste ». L’enjeu est de taille: provoquer le contribuable catholique dans le but de lui faire payer sa contribution ecclésiastique. Il y a quelques années encore, un ménage catholique sur sept payait son impôt à l’Eglise. Il suffirait pourtant que chaque catholique s’acquitte d’un impôt annuel de 100 francs pour tirer l’Eglise de son mauvais pas. Aujourd’hui, il manque près de 2 millions de francs.
Une grosse annonce non dénuée d’humour dans le réalisme affiché, parue dans la presse lundi 7 octobre tente en effet de secouer le contribuable genevois. Sur fond de bordeaux, en gros caractères, on peut lire: « Mort. En 2016, il n’y aura peut-être plus de prêtres à Genève pour célébrer les enterrements. Mais c’est pas grave, à la fin du film, le héros ne meurt jamais. »
La publicité, signée Eglise catholique romaine – Genève – (ECR) se termine par un appel aux dons, sur fond noir celui-là: « Vos dons aident à nous aider, agissez!. Suit un numéro de compte postal, ainsi qu’une adresse internet.
L’approche nouvelle des responsables de l’ECR s’expliquent doublement cette année. Les fidèles négligent leur contribution et la révolution fiscale du canton a provoqué une péjoration de la situation, indiquait en début d’année un communiqué des Eglises protestantes (EPG) et catholique (ACR), qui laissaient entendre leur volonté d’assainir leurs comptes par une campagne de sensibilisation des fidèles aux exigences économiques de la vie ecclésiale.
La révolution fiscale du canton de Genève, par son passage d’une taxation sur l’année en cours, a provoqué la chute libre des contributions facultatives que versent les fidèles protestants et catholiques à leur Eglise respective. Sur les 3 millions espérés par l’EPG, seuls 1,4 avaient été versés en début d’année. Quant à l’ACR, elle déplorait à la même époque un manque de 1,8 million de francs. « L’absence de bordereau 2001, expliquaient-on, n’a certainement pas contribué à encourager le versement de contributions en baisse significative depuis nombreuses années. « La faute » à la traditionnelle et désormais séculaire séparation de l’Eglise et de l’Etat, chère à la politique genevoise.
Il suffirait.
Aujourd’hui, explique-t-on au secrétariat du vicariat à Genève, le manque à gagner pour l’ACR est proche des 2 millions de francs. Or, dit-on, il suffirait que chaque catholique genevois paye ne serait-ce que 100 francs d’impôts annuels à l’Eglise pour que cette dernière puisse faire face à ses obligations. L’Eglise, fait-on encore remarquer, qui offre ses services – mariages, enterrements, baptêmes, aumônerie, services caritatifs, sans parler des salaires des prêtres et des agents pastoraux -, est en droit d’attendre du contribuable qu’il soit responsable et qu’il s’acquitte de son impôt ecclésiastique. D’autant qu’un un jour ou l’autre, il sera demandeur de l’un ou l’autre des services de l’Eglise. (apic/pr)
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