L’état de santé du pape Jean Paul II fait les choux gras de la presse de la Péninsule et alimente les spéculations sur l’éventualité d’un nouveau conclave. C’est dans ce contexte que l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a invité mardi soir au C
Certes, comme l’a rappelé Laurent Passer, présentateur de la conférence, tout le monde espère que Dieu prêtera vie à Jean Paul II longtemps encore. C’est donc en refusant d’entrer dans le jeu des spéculations sur les éventuels «papabiles» que l’Ordre du Saint-Sépulcre a convié le cardinal Henri Schwery et Nicolas Betticher, chancelier de l’évêché de Fribourg et spécialiste de droit canon à décortiquer les mécanismes de l’élection du pape.
«La fantaisie de Dieu est sans limite», a lancé le cardinal Schwery, à propos des questions sur le profil d’un nouveau pape. Saluant la lecture très spirituelle faite par Nicolas Betticher de l’élection du pape – le Fribourgeois a insisté sur le rôle de l’Esprit Saint dans le choix du pape par le Collège cardinalice – le cardinal Schwery a confirmé qu’il s’agissait d’un acte profondément religieux.
L’influence des Etats n’est plus ce qu’elle était
«Mais la grâce présuppose la nature», a-t-il insisté, relevant qu’il était tout à fait humain que des cardinaux se posent la question avant le décès d’un pape. «Mais je n’ai encore jamais entendu en ma présence un cardinal parler de la succession de Jean Paul II». Lui-même se refuse à faire le portrait robot d’un futur pape, car au moment venu, tout risque d’être bouleversé, car l’Esprit Saint souffle où il veut.
Le cardinal valaisan est sûr, par contre, que l’influence des Etats et des gouvernements sur l’élection du pape ne pèsera pas sur le choix des cardinaux: «J’ai de la peine à imaginer une telle influence, comparable à l’intervention de l’empereur d’Autriche, qui avait mis son veto à la candidature du cardinal Rampolla, secrétaire d’Etat du Vatican, au conclave de 1903!»
Auparavant, le cardinal Schwery, qui vient de fêter ses 70 ans et ses 25 ans d’épiscopat, a décrit dans le détail le fonctionnement et le rôle du Saint-Siège dans l’Eglise et dans le monde. Fait cardinal par le pape Jean Paul II le 28 juin 1991, Henri Schwery est l’un de ses proches collaborateurs.
Appartenant notamment à la Congrégation pour les causes des saints et au Conseil pontifical pour les communications sociales, il consacre aujourd’hui près de la moitié de son temps (gratis pro Deo!) à ses tâches romaines, en partie depuis Sion, et en partie à Rome, où il se rend au moins une fois par mois pour des séances.
La générosité vient du Sud
A propos de la soi-disant puissance économique du Vatican, le cardinal a rappelé que pour l’année 1998, le budget de la Cité du Vatican – près de 1’500 employés – et de la curie romaine – environ 2’500 – s’élevait à 487 millions de francs suisses, soit un quart du budget de l’Etat du Valais. Pas énorme pour faire vivre le centre de quelque 1,2 milliard de catholiques dans le monde entier. Et de remarquer également que si tous les diocèses dans le monde entier cotisent pour faire vivre le Saint-Siège – il ne s’agit pas là du «denier de Saint-Pierre» destiné exclusivement aux oeuvres de charité du pape – , des diocèses comme ceux du Brésil ou de la Corée du Sud apportent par tête d’habitants 5 à fois plus que ceux de Suisse. (apic/be)
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