Présence de 18 évêques d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine

France: Semaine missionnaire mondiale du 11 au 21 octobre

Paris, 11 octobre 2002 (APIC) Dans le cadre la semaine missionnaire mondiale, du 11 au 21 octobre, les OPM-Coopération Missionnaire ont invité dix-huit évêques d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale. Les prélats rencontreront les chrétiens de 40 diocèses. Ils ont présenté ce vendredi l’action pastorale de leur Eglise, en butte à la violence économique d’une mondialisation non maîtrisée, voire à la violence des extrémistes, comme au Pakistan, ainsi qu’en témoigne l’archevêque de Multan.

Après la venue, en 1998 de catéchistes du monde entier, les OPM-Coopération missionnaire France ont décidé cette année de mettre à contribution des évêques des autres continents. Manière de dynamiser la Semaine missionnaire mondiale autour du thème retenu cette année: « Nous nous souvenons que votre foi est active ».

Douze évêques d’Afrique, deux d’Amérique du sud et quatre d’Asie ont répondu présents et rencontraient ce matin la presse. L’occasion pour Mgr Labille, président du Comité épiscopal de la coopération missionnaire, de préciser que leur venue en France a pour enjeu de montrer combien la mission aujourd’hui est placée sous le signe de la communion et de la réciprocité. Communion des diocèses avec le pape, certes, mais aussi avec les diocèses du monde entier. Et réciprocité de l’échange car chaque Eglise locale donne aux autres et reçoit d’elles. « Chaque fois qu’un peuple nouveau accueille l’Evangile, il nous en fait découvrir un autre aspect », explique le père Labille. Et de souligner l’importance aujourd’hui des échanges missionnaires. Combien de missionnaires africain(e)s ou sud- américain(e)s exercent leur apostolat en Europe (échange sud-nord, ,voir encadré) et en Asie (échanges sud-sud) ?

Evêque pakistanais victime d’une violente agression

Parmi les évêques présents, Mgr Francis Andrew, archevêque de Multan au Pakistan, a fortement interpellé son auditoire en rapportant un fait funeste et révélateur de la situation des chrétiens de son pays. Récemment, deux jeunes Pakistanais se sont présentés à lui comme des élèves policiers venus lui demander de prier pour eux. Le temps que l’évêque soit mis en confiance, ils ont sorti leur pistolet pour l’abattre. L’homme a échappé à leurs balles mais a reçu de violents coups sur le crâne qui l’ont laissé à demi-mort.

Dans ce pays où l’islam est religion d’Etat, les minorités religieuses ne représentent que 3% de la population, dont 2% de chrétiens, surtout catholiques. Depuis les événements du 11 septembre, ces derniers sont en butte à la violence des extrémistes islamistes. Les chiffres parlent d’eux- mêmes: 63 morts, 121 blessés graves au cours des derniers mois. Dans la propre église de Mgr Francis Andrew, un attentat a fait 16 morts dont des enfants. Pourquoi cette haine? « Parce que les islamistes font l’équation chrétiens pakistanais=Occidentaux. Pourtant nous n’avons strictement rien à voir avec Mr Chirac ou Mr Bush, mais comment le leur faire comprendre », souligne le prélat. Et de rappeler que la minorité chrétienne a contribué de manière décisive à l’accession du Pakistan à son indépendance et qu’elle a énormément travaillé à la cohésion et à l’unité nationale. « Pour nous chrétiens pakistanais qui nous percevons comme « peuple pour les autres », il n’y a pas d’autre chemin que la réconciliation car nous sommes tous responsables pour tous les autres. Ce qui suppose un fort engagement dans le dialogue interreligeux, peu payé de retour, il faut bien le dire », observe Mgr Andrew.

Qu’attend-il de l’Eglise de France? « Qu’elle redevienne la voix des sans- voix ». Quelles seraient les conséquences d’une guerre contre l’Irak? « Pas besoin d’attendre que la guerre soit déclarée, la seule menace de guerre est déjà catastrophique pour nous chrétiens », répond-il. Un message qu’il portera auprès des chrétiens des villes de Cambrai, Arras et Lille, du 11 au 21 octobre. Le 22 octobre, en l’église St François Xavier, à Paris, lui et les dix-sept autres évêques invités par la Coopération missionnaire seront aux côtés du cardinal Lustiger pour une célébration eucharistique aux dimensions du monde. Les 22 et 23, ils retrouveront Mgr Daniel Labille, évêque de Créteil et président du Comité épiscopal de la coopération missionnaire, ainsi qu’une quinzaine d’évêques français pour un temps de prière et d’échange autour de la Coopération missionnaire et de l’échange entre Eglises. JCN

Encadré

La France, terre de mission

En 1995, la France accueillait 135 prêtres diocésains et religieux venus d’autres Eglises – dont 48 non européens – engagés dans un travail pastoral ou de congrégation à temps plein. En 2002, ils sont 521 prêtres diocésains et 348 prêtres religieux. Un chiffre de plus de six fois supérieur à celui de 1995. Parmi eux, près de 45% sont des non-européens. Sur les 41’132 religieuses appartenant à des congrégations françaises, 3’343 sont d’origine étrangère. Trente deux congrégations non françaises sont également présentes en France.

Le père Jean-Marie Aubert, secrétaire national adjoint du Comité épiscopal pour la Coopération missionnaire, rapporte ces chiffres dans le SNOP (numéro du 30 septembre), la lettre d’information de la Conférence épiscopale, et il souligne que la présence de ces ouvriers apostoliques non- français est d’abord une chance car c’est l’occasion de s’ouvrir à d’autres façons de vivre la foi catholique et de la témoigner. A condition que les communautés chrétiennes françaises sachent les accueillir. JCN

Encadré:

La France, terre de missionnaires

L’un des dix-huit invités de la Coopération Missionnaire, l’évêque de San José de Mayo en Uruguay, Mgr Pablo Galimberti di Vietri, rappelle volontiers la part considérable de la France dans l’action missionnaire de l’Eglise, ne serait-ce qu’à travers sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, au rayonnement international. Considérable également, la part des Franciscaines missionnaires de Marie (FMM), congrégation fondée en 1877 en Inde par Hélène de Chapottin, qui sera canonisée dimanche 20 octobre, lors de la journée mondiale de la mission.

Aujourd’hui, les FMM sont au nombre de 7’700, présentes dans 77 pays. Telle Necifora, au service notamment de ses compatriotes philippins à Marseille, dans un foyer de marins géré par une association oecuménique. Ou telle Renala, Française, en mission au Pakistan comme infirmière et sage-femme. Emblématique encore du dynamisme missionnaire de la France, la société des Missions Etrangères de Paris (MEP), créée en 1663 pour former un clergé autochtone dans les diocèses qu’elle-même fondait. Véritable pont spirituel entre l’Asie et l’Europe, les MEP compte pas moins de 180 martyrs dont 20 ont été canonisés. Pour mieux honorer leur mémoire, la maison-mère, située rue du Bac à Paris, a récemment aménagé une salle des martyrs, dans le même temps qu’elle créait une librairie et restaurait la chapelle et la crypte. Les MEP ont fait école au Québec (les MEQ), à Yarumal, (MEY), en Thaïlande, (MET) et en Corée (MEC). On compte chez les MEP nombre de personnalités fortes comme le père François Ponchaud, missionnaire au Cambodge. Traducteur de la Bible et de nombreux textes d’Eglise en langue khmère, engagé dans le dialogue avec les bouddhistes, il est celui qui attira le premier l’attention sur le génocide des khmers rouges en publiant « Cambodge année zéro ». Présents surtout en Afrique, les Spiritains vont pour leur part fêter 300 ans d’histoire missionnaire en 2003. JCN

(apic/jcn/bb)

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