Côte-d’Ivoire: Quelque 4’000 personnes réfugiées dans une mission catholique
Abidjan, 13 octobre 2002 (APIC) Quelque quatre mille ressortissants du Burkina-Faso et du Mali, victimes d’exactions en Côte-d’Ivoire, sont réfugiées depuis une semaine à la mission catholique de Doué-Koué (extrême ouest de la Côte-d’Ivoire), a annoncé vendredi 11 octobre 2002, un prêtre de la mission, le Père Emilio. Dans une déclaration diffusée par Radio France internationale (RFi), il a précisé qu’ils ont été chassés de leurs terres en abandonnant derrière eux tous leurs biens.
Ces victimes sont des travailleurs dans les plantations de café. Doué-Koué est située dans la région qui produit le plus de café et de cacao de la Côte-d’Ivoire, premier pays producteur au monde.
Un prêtre de l’Eglise catholique le Père Emilio, a déclaré à RFi avoir accueilli à la mission catholique des «familles terrorisées». «L’intention de leurs agresseurs ne fait pas de doute», a-t-il ajouté, estimant que les attaques contre ces populations étrangères ont un caractère xénophobe. «Il y a eu des jeunes autochtones de la région qui sont allés s’attaquer aux travailleurs étrangers avec des fusils et des flèches» , a indiqué le prêtre.
Les bandes armés ont attaqué des campements isolés. Dans la panique, les travailleurs ont fuit devant leurs agresseurs, abandonnant tout leurs biens: argent, habits, etc. Ceux d’entre qui dans leur fuite ont croisé des bandes armées ont été dépouillés du peu qu’ils avaient pu emporter. Leurs maisons ont été incendiées ou pillées. Cette chasse aux étrangers a fait suite à des images diffusées par la télévision ivoirienne, montrant des scènes de violence sur les burkinabés, considérés par certains autochtones comme la cause des difficultés économiques et sociales du pays.
Le préfet de Doué-Koué a lancé un appel au calme. En compagnie de l’adjoint au maire de la commune, il a rendu visite aux réfugiés de la mission catholique et ordonné l’arrestation de cinq jeunes, supposés être les meneurs des agressions. SH
Encadré
Des toxicomanes repentis au milieu de la tourmente
L’orphelinat et la pouponnières chrétienne de Bouaké, la seconde ville de Côte-d’Ivoire située à 400 km au nord, font face à d’énormes difficultés. Ces deux centres d’accueil ont été créés en 1996 par une Organisation non Gouvernementale espagnole (Remar-Réhabilitation de marginaux) basée à Madrid. Elle ne reçoit plus rien de l’extérieur et n’a plus de contact avec sa base à Abidjan. Son responsable, Diego Lara Gonzalès, est inquiet pour les enfants du centre. «Ma vie passée était mauvaise, j’ai vécu vingt ans dans la drogue, mais jamais je n’ai vu une situation aussi difficile», a-t- il déclaré à l’AFP. En fait, depuis l’éclatement des troubles politico- militaires dans le pays, le 19 septembre dernier, la ville de Bouaké est sous le contrôle des soldats mutins. De ce fait, elle est complètement isolée du reste du monde. L’eau, l’électricité et le téléphone sont coupés. Les prix des denrées de consommation ont été sensiblement augmentés. Diego Lara Gonzalès a décliné une offre de rapatriement par des soldats français qui évacuaient les ressortissants étrangers de Bouaké après le début des troubles. Quand ils m’ont proposé de partir, «j’ai dit d’accord, à condition que tout le monde et que les enfants soient aussi évacués. Les soldats ont refusé et je suis resté… A la grâce de Dieu», a-t-il rappelé à l’envoyé spécial de l’AFP. (apic/ibc/sh)
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