Le président Mwanawasa «nourrit la population avec des mots»
Harare, le 13 octobre (APIC) La Commission catholique «Justice et paix» de la Zambie a accusé le président zambien Levy Mwanawasa de minimiser la gravité de la famine qui menace des millions d’habitants, en Zambie et dans d’autres pays d’Afrique australe. Il y a trois mois, le président Mwanawasa avait déjà été accusé par le Conseil chrétien, la Conférence épiscopale et la Communauté évangélique de Zambie de «nourrir la population avec des mots» et de pas s’attaquer au problème de la famine.
«Nous déplorons que le gouvernement ne puisse reconnaître que la situation de famine est si grave que des gens meurent», écrit «Justice et Paix» dans une déclaration publiée le mardi 8 octobre. La semaine dernière, le président zambien a ordonné l’arrestation de Vitalis Mooya, représentant d’un groupe d’opposition au parlement. Il avait annoncé que trois personnes étaient mortes de faim dans sa circonscription de Monze Moomba, dans le sud de la Zambie.
Selon le président Mwanawasa, qui affirme que son gouvernement n’a reçu aucune information officielle concernant ces morts, les déclarations de Vitalis Mooya ont «alarmé le pays».
Récemment, le président avait fait remarquer que la situation de famine dans son pays avait été, selon lui, «exagérée par la communauté internationale»
Plusieurs pays d’Afrique australe connaissent une période de famine due en partie à la rareté des pluies. Le pays le plus affecté est le Zimbabwe, où plus de la moitié des 12 millions d’habitants ont besoin d’aide alimentaire, suivit par le Malawi, où ce chiffre est de 3,5 millions et de la Zambie, avec ses 2,9 millions de personnes menacées par une famine imminente.
Selon un rapport du 3 octobre de l’organisation d’entraide «Oxfam», au Royaume-Uni, «environ 2,9 millions de Zambiens (26 % de la population) auront besoin de quelque 224’000 tonnes d’aide d’urgence en céréales dans la période allant jusqu’à mars 2003.» (apic/eni/sh)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse