Les Etats-Unis font le jeu de Ben Laden, estime le vice-président iranien

Bush, Ben Laden, même logique: «Pas avec nous = contre nous»

Genève, 18 octobre 2002 (APIC) En voulant lancer une guerre contre l’Irak, les Etats-Unis vont faire le jeu d’Oussama Ben Laden, a estimé mercredi à Genève Sayyid Mohammad Ali Abtahi, qui participait à une conférence sur le dialogue entre chrétiens et musulmans organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE).

Le vice-président iranien a souligné que les mesures que prenaient les Etats-Unis ne travaillaient pas en leur faveur étant donné leur refus de réparer les injustices commises contre le peuple palestinien et leurs interventions dans des pays musulmans comme l’Afghanistan.

«La sorte de logique suivie par George Bush et Oussama Ben Laden est la même – celui qui n’est pas avec nous est contre nous – a fait observer Sayyid Mohammad Ali Abtahi.

Cette réunion de trois jours a rassemblé des personnalités religieuses et politiques de pays à majorité musulmane comme l’Iran, la Libye, le Nigeria et l’Arabie saoudite, et des pays majoritairement chrétiens d’Europe et d’Amérique du Nord.

Le vice-président iranien, qui est également président de l’Institut pour le dialogue interreligieux à Téhéran, est connu pour être partisan des réformes au sein du cabinet du président Mohammad Khatami. Même si les musulmans bien-pensants soutiennent la paix, a-t-il dit, le monde se trouve malheureusement pris dans «un cercle vicieux " – «on a recours à la guerre pour combattre la guerre».

Accusant les politiciens d’exploiter les religions pour alimenter leurs ambitions, Sayyid Mohammad Al Abtahi estime que recourir à la guerre pour réparer des injustices est «exactement l’opposé» des enseignements de religions comme l’islam et le christianisme.

S’exprimant sur la position des Etats-Unis vis-à-vis de l’Irak, le vice- président iranien a fait observer que l’Iran a été aussi «pris pour victime» par l’Irak durant la guerre de huit ans entre les deux pays dans les années 80 qui a fait des centaines de milliers de morts. Il a aussi noté que l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990 avait provoqué l’arrivée «peu bienvenue» des soldats de Washington au Moyen-Orient.

Réformes en Iran: encore du chemin

Abordant enfin les problèmes rencontrés par les réformateurs en Iran, le vice-président a rappelé qu’il y a quatre ans, des ministres étaient battus par les gens dans la rue. «Ceci ne se produit plus aujourd’hui.» Les réformateurs, a-t-il ajouté, veulent promouvoir «une culture de paix et de non-violence* En tenant compte de la situation dans les pays voisins, dans cinq ans nous aurons parcouru un long chemin pour institutionnaliser la démocratie».

Le vice-président a toutefois souligné que des pressions exercées sur l’Iran pour que le pays accélère ce processus pourraient le faire dérailler. «L’objectif démocratique de cette démarche est ce à quoi nous aspirons, mais l’atteindre très rapidement pourrait nuire au processus». Il a fallu des siècles aux pays occidentaux pour arriver là où ils sont, a-t- il constaté, «c’est pourquoi il ne faut pas penser que nous atteindrons ce point avant cinq ou dix ans». (apic/eni/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-etats-unis-font-le-jeu-de-ben-laden-estime-le-vice-president-iranien/