Il sera question de la Convention européenne

Rome: Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Jean Paul II le 31 octobre 2002

Rome, 24 octobre 2002 (APIC) Le président de la commission chargée de la rédaction de la Convention européenne, Valéry Giscard d’Estaing, sera reçu par le pape Jean Paul II le 31 octobre 2002. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une visite en Italie de l’ancien président français.

La visite de Giscard d’Estaing au Vatican requiert une importance particulière, en raison des nombreux appels du pape aux responsables de l’Union européenne, ces derniers mois, à se souvenir des racines chrétiennes du vieux continent.

Le 27 juin, en particulier, alors qu’il recevait le nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège, Pierre Morel, Jean Paul II avait notamment insisté sur le «rôle moteur» que la France est appelée à jouer dans la construction de l’identité européenne et pour son élargissement. Le pape avait alors invité les autorités françaises à se souvenir de «l’héritage humaniste de l’Europe, qui puise ses racines dans sa longue histoire chrétienne».

La visite de Giscard d’Estaing s’insère dans le contexte de la publication prochaine d’une première mouture du texte de la Convention européenne, dont la version définitive est prévue pour 2004.

Valéry Giscard d’Estaing sera à Rome dès le 30 octobre, afin de rencontrer les personnalités du monde politique italien, parmi lesquelles Carlo Azeglio Ciampi, président de la République, ainsi que Silvio Berlusconi, président du Conseil des ministres.

C’est la troisième fois que Valéry Giscard d’Estaing rend visite au pape. La première rencontre officielle avait eu lieu le 1er décembre 1975, alors que qu’il était président de la République française. Trois ans plus tard, le 20 octobre 1978, il était de nouveau reçu au Vatican, pour une audience privée. Il avait par ailleurs a accueilli Jean Paul II en France lors de son premier voyage dans l’hexagone en juin 1980.

Paris: Mgr Georges Pontier présente la prochaine assemblée plénière des évêques

Des relations Eglise/Etat aux réformes des structures

Paris, 24 octobre 2002 (APIC) Vice-président de la Conférence épiscopale, Mgr Georges Pontier a mardi à Paris, devant les journalistes de l’Association des journalistes de l’information religieuse (Ajir), le programme de la prochaine Assemblée plénière des évêques, qui se déroulera à Lourdes du 3 au 9 novembre. Il a évoqué également quelques questions relatives au fonctionnement de l’Eglise de France, et s’est inquiété de la loi sur la sécurité intérieure, qui fait l’amalgame entre délinquances et défavorisés

Evêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Pontier s’est montré un homme à l’humour enjoué devant les journalistes. Il a rappelé que le premier dossier abordé par les évêques à Lourdes sera celui sur les relations Eglise-Etat-société civile. Cela à travers quatre volets: pastorale (quelles relations avec les élus locaux?), éducative (quelle part prend l’Eglise pour relever le défi de la formation des jeunes), sociale et, enfin, culturelle.

Second dossier au menu des évêques, le plus avancé puisque déjà travaillé l’an dernier: la catéchèse. Mgr Pontier évoque la nécessité d’une «complète refonte dans ce qu’elle a d’essentiel», en tenant compte de cette rupture de transmission tant évoquée et en regardant de plus près ce que vivent les catéchumènes pendant la vigile pascale.

Troisième réflexion: le mariage. Certes, la demande de célébration religieuse du mariage est forte mais il faut davantage souligner les racines anthropologiques du mariage chrétien et aller plus avant dans le sens d’une initiation chrétienne. Les évêques consacreront également une séquence au dossier européen: vers quelle Europe faut-il aller? Quelles valeurs judéo-chrétiennes profondes sont les siennes et lesquelles faut-il inscrire dans la future Convention européenne?

Les évêques français aborderont enfin la réforme des structures. L’objectif est de définir de nouvelles provinces ecclésiastiques afin de permettre aux évêques de vivre une plus grande collégialité. Mgr Pontier souligne que ses collègues à la tête de diocèses campagnards seront moins isolés avec la nouvelle configuration. Autre avantage escompté : une plus grande synergie entre les services de diocèses proches.

Groupes de travail

Concernant les relations Etat-Eglise, des groupes mixtes sont désormais constitués autour de dossiers comme celui relatif au secret de la confession: jusqu’où les hommes d’Eglise peuvent échapper à la règle commune, comment faire valoir la spécificité de leur tâche? Autant de questions que les affaires de pédophilie ont mises sur la sellette et qui devraient être débattues à deux voix (Etat-Eglise). Faut-il en la matière légiférer ou simplement réglementer via des circulaires ministérielles?

Mgr Pontier dit préférer la première solution car l’enjeu est de taille. De même, à propos des rythmes scolaires, objet d’un vif débat en France, avec pour l’Eglise l’enjeu du temps accordé à la formation catéchétique, le vice- président de la Conférence épiscopale verrait mieux une loi-cadre compatible avec des aménagements locaux. Autre sujet de discussions: l’articulation entre le droit canon et le droit du travail pour les laïcs employés par l’Eglise. En tout état de cause, selon le prélat, il n’est pas question de remettre en cause la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Questions en vrac

Les évêques seraient-ils à priori hostiles à l’adhésion de la Turquie, eu égard à son héritage spirituel? Mgr Pontier répond que le problème n’est pas tant celui-ci que le non-respect des droits de l’homme. Que pense-t-il du projet de loi sur la sécurité intérieure du ministre de l’intérieur? Le prélat renvoie au Secours catholique qui a exprimé son désaccord en soulignant le risque de marginaliser davantage bien des exclus (mendiants, squatters, tziganes, prostitution) et il fait valoir que c’est à la commission sociale des évêques qu’il revient de suivre le dossier.

La campagne euro (encourageant les paroissiens à donner deux euros lors de la quête de la messe dominicale en remplacement de la pièce de 10 F) a-t- elle bien fonctionné? Jusqu’à présent oui, mais il faut attendre la suite. Quelle attitude envers les divorcés? Il faut envisager sérieusement de les accueillir et de les accompagner mieux que l’Eglise ne le fait aujourd’hui. Que penser de la chute brutale du nombre des entrées au séminaire ? «Je n’ai pas les chiffres précis mais effectivement c’est très préoccupant», admet Mgr Pontier. (apic/jcn/bb)

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