Les citoyens d’une localité de 13’000 âmes boycottent les élections
Quito, 24 octobre 2002 (APIC) Une localité entière de 12’700 habitants a refusé de voter dimanche lors des élections générales équatoriennes, en signe de protestation contre l’état d’abandon, la pauvreté et l’isolement dans lequel elle vit depuis des années.
Le « village oublié », où il n’y a ni un policier, ni un médecin, est Cojimíes, dans la zone septentrionale de la province de Manabí (côte centrale). Pour entrer dans la ville, il faut attendre la marée basse (le cycle dure 6 heures par jour). Si le Pacifique est agité et quelqu’un tombe malade, il risque de ne pas pouvoir se rendre à l’hôpital. Un homme est d’ailleurs mort dimanche d’une hémorragie interne n’ayant pu être soignée.
C’est précisément la mort de cet homme qui a poussé la population de Cojimíes (3’158 ayants droit au vote) à réagir et à s’abstenir. « Nous voulons que les gens sachent que nous sommes oubliés, que nous naissons et que nous mourrons seuls », ont dit des personnes aux journalistes du quotidien « El Universo » qui se trouvaient sur place.
Les fréquentes marées ont en outre transformé le littoral en un amas de débris. En septembre, les vagues ont balayé 46 maisons « mais le gouvernement central n’a envoyé aucun secours », a dénoncé le coordinateur de la protection civile locale, Escipion Delgado Vera.
Les habitants vivent essentiellement de la pêche et gagnent environ 6 dollars par jour. Ils vont chercher l’eau aux puits, qui sont presque tous contaminés. Résultat, tous les jours, des enfants souffrent de problèmes gastro-intestinaux. Les gens affirment ne pas avoir vu un policier depuis au moins deux ans.
La réaction du Tribunal Suprême électoral a été d’organiser une nouvelle tournée électorale pour les habitants de Cojimíes dimanche prochain. La ville ira voter, mais à condition que le gouverneur de Manabí, Patricio Velasquez, participe à une réunion avec la communauté vendredi 25 octobre. « Nous voulons qu’il vienne nous écouter et qu’il s’engage à nous aider à résoudre cette situation » a déclaré Gabriel Alcivar, recteur du collège Sucre Mieles. (apic/misna/pr)
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