1 Promotion du dialogue interculturel et interreligieux

Fribourg: L’OEuvre St-Justin fête son 75ème anniversaire le 26 octobre

Fribourg, 24 octobre (APIC) Quelque 10’000 étudiants, dont près de la moitié de boursiers venant principalement des pays du Sud, ont bénéficié au cours des années du soutien de l’OEuvre St-Justin. Fondée en 1927 par l’abbé François Charrière, futur évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, l’association fête samedi 26 octobre à la Cité St-Justin de Fribourg son 75ème anniversaire en présence de son président, Mgr Amédée Grab, évêque de Coire, et de l’évêque diocésain, Mgr Bernard Genoud.

A l’origine, l’abbé François Charrière – qui accueille dès 1927 trois jeunes Chinois envoyés à Fribourg pour étudier – est influencé par les idées du Père belge Vincent Lebbe, missionnaire lazariste naturalisé chinois. Ce dernier milite au début du XXe siècle pour une Eglise respectant les sentiments nationaux et dirigée par des indigènes.

Former des cadres indigènes pour les pays de mission

Pressentant que les jours des structures mises en place par la domination coloniale sont comptés, l’Eglise – notamment les papes Benoît XV puis Pie XI dans les années 1920 – songe désormais elle aussi à la formation d’un clergé indigène susceptible de garantir la pérennité de l’Eglise romaine. Cette dernière, considérée comme une institution étrangère liée aux intérêts coloniaux, commence à subir les premières persécutions communistes en Chine.

C’est donc dans le but de former des cadres originaires des pays en voie de développement que l’OEuvre voit le jour. Plus précisément, à ses débuts, elle vise «la constitution d’une élite catholique laïque dans les pays de mission», comme on peut le lire dans le plaquette bilingue du jubilé réalisée grâce notamment au concours de Walter Müller, journaliste à l’agence APIC.

Au cours de l’histoire, précise Nicolas Scherer, directeur de l’OEuvre, l’état d’esprit a changé et l’on parle par exemple dans les statuts de promotion du développement durable. «On essaye maintenant davantage de former des chefs d’entreprises, dont ont besoin les sociétés du Sud, plutôt que des fonctionnaires; on espère ainsi que les gens formés chez nous soient dynamiques, mais qu’ils soient d’abord au service de leur peuple, et non pas des machines à faire du fric.»

«Une maison ouverte à tous»

Aujourd’hui, St-Justin, qui accueille environ 2/3 d’étudiants chrétiens de diverses confessions et un tiers de non chrétiens (musulmans, bouddhistes, etc. ) se veut «une maison ouverte à tous» qui refuse de faire du prosélytisme. Cela ne veut pas dire, précise Nicolas Scherer, que l’on ne s’intéresse plus aux valeurs, mais on essaye d’abord de les vivre plutôt que de les prêcher.

«Cela n’est pas rien, relève-t-il, que des étudiants qui viennent de pays où règne la corruption découvrent que chez nous, on ne peut pas acheter les examens et que tout le monde est traité sur un pied d’égalité. Ces étudiants sont confrontés en Suisse à un système démocratique et à un Etat de droit qui, même s’ils ne sont pas parfaits, fonctionnent. Le fédéralisme, qui permet la cohabitation de cultures différentes, est un exemple pour des étudiants originaires de pays qui vivent des conflits interethniques sanglants.»

600 étudiants

L’OEuvre, «véritable petite ONU», accueille actuellement plus de 600 étudiants d’une soixantaine de nationalités dans ses foyers de Fribourg (300 étudiants à la Cité St-Justin, dont un tiers de Suisses, un tiers d’Européens et un tiers des pays du Sud et de l’Est), Genève (125 étudiants, dont 45% d’Africains, 33% d’Européens et de Suisses, 22 % du reste du monde) et Zurich. A Zurich, le Foyer Vincenz accueille 120 étudiants d’une quarantaine de pays, dont 30% viennent d’Europe de l’Est ou du Sud, 15% de Suisse, 30% d’Europe occidentale, 10% d’Asie et 15% du reste du monde. Le Foyer Justinus héberge 80 étudiants d’une quarantaine de pays, dont 20% en provenance d’Europe de l’Est ou du Sud, 15% de Suisse, 25% d’Europe occidentale, 25% d’Asie et 15% du reste du monde.

«On ne veut pas faire des ghettos, c’est pourquoi on mélange les nationalités et on accueille aussi des Suisses», soulignent les responsables de l’association, qui distribue sous forme de bourses d’étude, bon an mal an, entre 900’000 et 1 million de francs. Ces dons et legs proviennent de personnes privées, souvent sous forme de petites sommes. Ils permettent également de fournir des financements à des étudiants qui peuvent se former sur place, comme c’est le cas pour des boursiers à Madagascar, au Bénin ou au Sénégal.

La célébration des 75 ans de St-Justin débute à Fribourg le samedi 26 octobre par des «Portes ouvertes» dès 14h, suivi à 17h par une messe en l’église du Collège St-Michel présidée par Mgr Amédée Grab. L’hôte d’honneur de la journée est une ancienne du Foyer St-Justin, Maggy Barankitse, qui a fondé au Burundi, pays déchiré par des luttes fratricides, trois foyers qui hébergent quelque 5’000 enfants, souvent des orphelins de guerre. (apic/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/fribourg-l-oeuvre-st-justin-fete-son-75eme-anniversaire-le-26-octobre/