Ne pas confondre l’agresseur et l’agressé
Zagreb, 25 octobre 2002 (APIC) Les évêques catholiques de Croatie réclament davantage « d’objectivité » de la part du Tribunal pénal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Dans un communiqué publié à Zagreb à l’issue de leur assemblée générale tenue cette semaine à Krk, ils demandent au Tribunal et à la communauté internationale une « évaluation objective » concernant la lutte du peuple croate pour sa libération.
Les prélats estiment, dans le contexte des crimes de guerre reprochés à des officiers croates, qu’il ne faut pas confondre l’agresseur et l’agressé. Ils demandent par conséquent à la communauté internationale de tenir compte du contexte historique de cette guerre. En arrière-fond de cette intervention, il y a la polémique concernant le refus de livrer au Tribunal de La Haye le général croate à la retraite Janko Bobetko, considéré comme un « héros de la Guerre patriotique », mais accusé d’être un criminel de guerre. Le TPIY lui reproche l’assassinat d’une centaine au moins de civils serbes durant une action militaire en 1993.
Le gouvernement croate estime que certaines parties de l’acte d’accusation contre le général Bobetko sont inacceptables. Le Premier ministre Ivica Racan rejette la manière avec laquelle l’acte d’accusation considère l’action militaire dans la poche de Medak, « qui fut légitime, constitutionnelle et orientée contre le terrorisme qui affectait un Etat souverain et reconnu sur le plan international ». « Personne ne peut incriminer le combat contre l’agresseur, pas même le Tribunal de La Haye », estime Ivica Racan.
Protéger la dignité de ceux qui ont défendu le pays
Parlant des combats menés par l’armée croate, les évêques parlent eux aussi de « guerre défensive » et rappellent la dette que doit le peuple croate à ses défenseurs. Les évêques souhaitent que soit protégée la dignité de ceux qui ont défendu le pays. Les évêques catholiques relèvent que des événements de l’après-guerre ont rendu les souffrances encore plus vives: les conséquences les plus sérieuses de la guerre n’ont pas été la destruction des maisons et des hôpitaux, des écoles et des usines, mais ce qui a été détruit à l’intérieur des gens et dans les relations mutuelles. « C’est pourquoi nous en appelons à une acceptation mutuelle, au pardon et à la réconciliation pour surmonter les racines du mal et tout conflit ». (apic/ika/kap/be)
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