Rome: L’antisémitisme n’a pas sa place dans l’Eglise, rappelle le cardinal Kasper

Journée commémorative de la promulgation de «Nostra Aetate»

Rome, 29 octobre 2002 (APIC) Le cardinal Walter Kasper, responsable du Conseil pontifical pour les rapports religieux avec le judaïsme, a réitéré sa condamnation de l’antisémitisme, «un péché subtile, insidieux et multiforme».

S’exprimant à Rome le 28 octobre dans le cadre d’une journée commémorative du 37ème anniversaire de la promulgation de la déclaration conciliaire «Nostra Aetate», le prélat a par ailleurs mis en garde contre le danger de réduire les droits d’un Etat «à être et à se tromper», faisant particulièrement allusion au conflit israélo-palestinien.

Dans son discours, le cardinal allemand Walter Kasper a rappelé qu’il y a encore peu de temps, «des montagnes de préjudices et des siècles d’injustices avaient créé une séparation fatale entre juifs et chrétiens». «Disons-le avec simplicité, c’était une époque d’obscurité et de péché», a- t-il lancé.

Parmi ces péchés, le prélat s’est arrêté quelques instants sur le phénomène de l’antisémitisme «qui a été capable de résister au temps et enfin de se cacher dans les plaies de la réaction de l’Eglise face à la modernité». Cette situation, «douloureuse» pour les juifs et «humiliante» pour les catholiques, a toutefois subi un revers au moment du Concile Vatican II, a- t-il précisé. «C’est par cet acte de foi, et non par opportunisme, que les catholiques ont découvert qu’ils pouvaient regarder en arrière et condamner ainsi l’antisémitisme comme un péché subtile, insidieux et multiforme».

Il ne s’agissait pas, pour la «génération conciliaire», de faire un acte de «courtoisie», a toutefois ajouté le prélat, mettant également en garde contre une interprétation du Concile comme «un procès judiciaire posthume sur le passé de l’Eglise catholique». «L’objectif était de comprendre combien il était devenu nécessaire d’éradiquer la culture du mépris, et combien était importante une purification de la mémoire», a-t-il expliqué. «On peut se tromper et rester silencieux dans une situation tragique, mais on ne peut pas garder éternellement le silence».

Pas un point final

La déclaration «Nostra Aetate» n’est cependant pas un «point final», a conclu le cardinal Kasper en soulignant que juifs et catholiques ne pourront pas toujours être d’accord à tous les niveaux. Faisant notamment allusion au conflit israélo-palestinien, il a toutefois insisté pour que catholiques et juifs restent «conscients du danger que, du désaccord politique sur l’action d’un gouvernement, toujours légitime, on glisse par inadvertance vers une réduction du droit à être et à se tromper».

Diverses autorités juives ont ensuite pris la parole, parmi lesquelles le rabbin Adin Steinsaltz et le grand rabbin de Rome, Riccardo di Segni. Ce dernier s’est particulièrement déclaré «satisfait» des paroles du cardinal Kasper. Il a cependant déploré que la suspicion et l’antisémitisme ne soient pas encore «complètement éradiqués». (apic/imedia/pr)

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