Rome: Le pape Jean Paul II a reçu Valéry Giscard d’Estaing en audience privée
Rome, 31 octobre 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a fait part de sa préoccupation quant au contenu «spirituel et religieux» de la future Convention européenne, en recevant jeudi 31 octobre l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, chargé de la rédaction du document.
Une première ébauche de la Convention, qui vient d’être achevée, a été présentée ces jours par Valéry Giscard d’Estaing. Ce qui n’empêche pas la diplomatie vaticane de s’activer pour que les racines chrétiennes de l’Europe n’y soient pas oubliées.
«Le pape m’a fait part de ses trois soucis sur le contenu spirituel et religieux de la future constitution européenne», a affirmé V. Giscard d’Estaing aux journalistes à l’issue de l’audience privée. L’ancien président français n’a toutefois pas voulu en dire plus.
Dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, précise que Jean Paul II «a fait part de son désir de voir respectés l’identité des chrétiens dans les pays européens ainsi que leur contribution spécifique à la vie de la société européenne, et le statut dont ils bénéficient en vertu des législations nationales».
Cette visite intervient deux jours après l’approbation de la première ébauche du texte de la Convention européenne, dont la version définitive est prévue pour 2004.
Arrivé à Rome le 30 octobre afin de rencontrer les personnalités du monde politique italien, Valéry Giscard d’Estaing s’est par ailleurs entretenu avec le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, ainsi qu’avec Mgr Jean-Louis Tauran, «ministre des Affaires étrangères» de Jean Paul II. Cette visite était la troisième que l’ancien président français rendait au pape.
Les erreurs de Laeken et de Nice
Jean Paul II a exprimé à plusieurs reprises sa «préoccupation» quant au contenu religieux de la future Convention européenne. Les récentes présentations de lettres de créances des nouveaux ambassadeurs d’Allemagne, de Grèce, de Belgique, ou encore le discours au corps diplomatique en janvier dernier, ont été autant d’occasions pour demander la reconnaissance de la contribution des religions dans la construction «culturelle et humaine» de l’Europe. Pour le pape, la «marginalisation» des religions déjà dénoncée dans les textes de Laeken et de Nice, «est à la fois une injustice et une erreur de perspective».
Diplomatie vaticane active
Aujourd’hui, la secrétairerie d’Etat du Vatican prend le relais et fait écho à travers la diplomatie. Le Saint-Siège a ainsi notamment renforcé le dialogue avec les ambassadeurs de pays européens accrédités près le Saint- Siège, n’hésitant pas à participer aux débats organisés par certaines ambassades sur le sujet.
Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, interviendra par ailleurs lors de la réunion annuelle du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, qui se déroulera à Porto, au Portugal, les 6 et 7 décembre prochains. Il devrait particulièrement insister sur l’importance d’inclure une référence au nom de Dieu dans la Constitution européenne. (apic/imedia/pr)
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