«Se couper de l’histoire religieuse est une erreur»
Paris, 6 novembre 2002 (APIC) Le ministre français de l’éducation Luc Ferry défend la place de la religion dans l’enseignement. «On ne peut comprendre la vie intellectuelle, artistique ou politique européenne si l’on ne voit pas qu’elle est issue de 15 siècles de domination chrétienne», a-t-il déclaré dans une interview diffusée le 5 novembre par le quotidien français «La Croix».
«Du fait de la laïcité, ce qui touche aux religions ne peut pas, bien entendu, être enseigné de façon confessionnelle», soutient le ministre Luc Ferry, interrogé par Bernard Gorce et Nathalie Crom. Mais le fait de se couper de l’histoire religieuse est une erreur, selon le ministre français.
Face au déficit en la matière dans le milieu de l’enseignement, Luc Ferry soutient le projet de Régis Debray visant à aider les enseignants à pénétrer la culture religieuse. «Mais, souligne le ministre, je remarque que les chrétiens sont les premiers à l’avoir perdue. Demandons-leur quelles sont les quatre ou cinq grandes différences entre Augustin et Thomas. Seuls les théologiens sauraient répondre. Paradoxalement, les catholiques sont devenus des protestants. Ils accordent plus d’importance au coeur et à la liberté de conscience qu’aux dogmes théologiques.»
Pour un «christianisme sécularisé»
Se définissant comme défenseur d’un «christianisme sécularisé» à l’école (»quelque chose comme l’évangile de Jean . moins l’existence de Dieu»), Luc Ferry affirme que l’absence de Dieu ne signifie pas la disparition de la transcendance. «Nous stigmatisons le matérialisme contemporain, l’univers de l’argent. Mais je constate que nos sociétés conservent d’abord un rapport réel à certaines exigences modernes, celles des droits de l’homme notamment.» Mais, cela va plus loin pour le ministre de l’éducation: «Nous continuons, par delà le droit et la morale, de nous interroger sur des questions d’ordre spirituel: Comment affronter la mort d’un proche? A quoi sert de vieillir? Comment éduquer ses enfants? Ces questions sont extra-morales. Elles relèvent d’une exigence de spiritualité ou de sagesse.»
Si l’école reste le lieu de la connaissance, il convient, pour Luc Ferry, de remettre les savoirs au coeur des dispositifs éducatifs, de développer un lien profond entre connaissance et amour: «Les deux doivent être reliés si l’on veut donner tout son sens à cette activité d’apprendre.» (apic/lacroix/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse