6.1.1.1.1 Les activités sont désormais concentrées à Berne

6.1.1.1 Lausanne: L’Institut d’éthique sociale des Eglises protestantes ferme ses portes

Lausanne, 6 novembre 2002 (APIC) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse vient de fermer le Bureau romand de l’Institut d’éthique sociale (IES) de Lausanne, après 3 décennies de bons et loyaux services. La mesure a été prise « pour des raisons d’efficacité » et les travaux seront désormais concentrés à Berne.

Suite au départ à la retraite de son directeur, le professeur Roland Campiche, il y a un an, l’IES à Lausanne a dû fermer ses portes fin octobre « par mesure d’efficacité ». Claude Bovay avait assuré l’intérim avec un poste à 30%. Contacté par téléphone, le professeur Hans-Balz Peter, directeur de l’IES à Berne, a relevé que la mesure a été prise après une longue période de délibération. « Ce n’est pas un problème budgétaire, plutôt une question de réorganisation. Nous voulons coordonner les activités de l’Institut à partir de Berne ». Pour Claude Bovay, il y a lieu de se demander si l’Institut continuera d’avoir le même rayonnement si ses activités sont coordonnées uniquement à partir de Berne.

30 ans de recherches fructueuses

Sous la houlette de Roland Campiche, l’IES collaborait, dans le cadre de ses études sociologiques, avec des professeurs et des étudiants des Universités en Suisse romande. Durant ses 30 ans d’existence, le Bureau romand de l’IES a traité des dossiers comme ceux du service civil et de la création d’un Institut suisse de recherche sur la paix.

« Aujourd’hui, commentait Roland Campiche lors de son départ à la retraite l’an dernier, le service civil existe ­ certes le modèle en vigueur n’est pas parfait ­, et les recherches sur la paix ont droit de cité, même au sein du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et du sport, l’ancien Département militaire. La mue de son nom en dit long sur l’évolution qui s’est opérée dans la réflexion sur la défense! « 

Le deuxième dossier important fut celui du droit foncier et de l’aménagement du territoire. Les travaux de l’IES et de sa Commission ont souvent défrayé la chronique, poursuit R. Campiche. Quatre cahiers d’Etudes et Rapports en ont rendu compte entre 1975 et 1987. La récession des années 1990 a eu pus d’effets que toutes les publications d’experts pour faire avancer cette cause! La notion de développement durable s’est imposée et elle forme aujourd’hui un garde-fou contre les bétonnages aberrants, estime- t-il.

La fin des années 1970 et le début des années 1980 ont été marqués par le débat sur la politique suisse de l’énergie. L’IES a non seulement contribué au débat, mais s’est vu octroyer un mandat pour réfléchir aux moyens d’économiser l’énergie. « Même si ce dossier connaît de nouveaux rebondissements, on peut avancer qu’il y a peu de chance que la Suisse construise de nouvelles centrales nucléaires. », d’après Roland Campiche.

Dès la consultation du projet de Loi fédérale sur le chômage, l’IES insistait sur la nécessité de privilégier les mesures préventives ainsi que l’accompagnement des chômeurs dans leur quête d’un nouveau travail. Il a fallu attendre la crise des années 90 pour voir s’assouplir les contraintes (le timbrage) et la mise sur pied d’organismes visant à orienter les chômeurs vers une nouvelle activité rémunérée et socialement utile.

En 1984, Jeannie Coray concluait le cahier « Liberté et responsabilité dans le couple et la famille » par un chapitre dans lequel elle égrenait le chapelet des mesures appropriées (allocations familiales; allégements fiscaux; ouverture de crèches; logements appropriés…) pour réunir les conditions favorisant l’épanouissement de la vie familiale mais aussi la réalisation de l’égalité. Près de vingt ans plus tard, le patronat suisse découvre les vertus de la politique familiale.

Dix ans après l’étude publiée en 1992 sous le titre « Croire en Suisse(s) », qui avait apporté des informations précieuses pour les sociologues de la religion, les chercheurs de l’IES à Lausanne ont mené une investigation similaire pour montrer l’évolution des comportements et l’évolution du paysage religieux suisse durant la dernière décennie. Cette étude confiée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNSRS) et publiée sous le titre « Religion et lien social », a eu un certain retentissement. (apic/be/dneg)

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