France: Un raélien condamné pour provocation à la discrimination
Metz, 7 novembre 2002 (APIC) L’évêché de Metz a obtenu mercredi la condamnation d’un adepte de la secte raélienne qui avait distribué à Metz, en mai 2001, des tracts dénonçant la « pédophilie des prêtres ». L’évêché de Metz avait été le premier diocèse en France à porter plainte contre cette secte.
Le membre de la secte, un homme de 43 ans, a été condamné à 1’500 euros pour « provocation à la discrimination » par le tribunal correctionnel de Metz. Le raélien a en revanche été relaxé des faits de « diffamation ». Il a cependant été condamné à verser un euro symbolique à l’évêché de Metz, auteur de la plainte à l’origine de l’action judiciaire.
« Les prêtres sont une population taillable et corvéable à merci pour ce genre de choses: il était du devoir de l’évêque d’agir », a déclaré l’abbé Jean-Marie Stock, vicaire général de l’évêché de Metz, à l’issue de l’audience. « On ne peut pas laisser toucher à l’image du prêtre », a-t-il ajouté en se déclarant « satisfait » du jugement.
Au cours d’une audience le 9 octobre, le prévenu était venu accompagné d’un comité de soutien composé de huit adeptes de la secte. La représentante du ministère public avait requis une peine d’un mois de prison avec sursis et 4.500 euros d’amende.
En Suisse aussi
En décembre 2001, trois adeptes de la secte avaient été inculpés, accusés par l’Eglise catholique de diffamation, calomnie et discrimination raciale. La secte Raël, par le biais d’une association, avait affirmé dans un tract: « Les risques d’abus sexuels de la part de prêtres catholiques sont beaucoup plus grands que dans la population normale ».
Le mouvement raélien, celui-là même qui prône le clonage humain ou le dialogue avec les extraterrestres, avait lancé fin avril en Suisse son offensive en invitant par des tous-ménages la population à « protéger leurs enfants et à ne plus les envoyer au catéchisme ». Ils avaient qualifié les écoles catholiques de « milieu à hauts risques » et inondé le site Internet de Nopedo d’affirmations sur la pratique sexuelle des prêtres « parfois protégés par l’évêque ».
Pour avoir accusé d’une manière générale et systématique les prêtres catholiques de pratiquer la pédophilie, les trois personnes ont été inculpées de diffamation et calomnie. La discrimination raciale s’ajoute car, souligne la juge, les propos en cause visent exclusivement un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse.
Raël à propos de la pédophilie et de l’inceste: droit de réponse refusé par le TF
En été 1998, le Tribunal fédéral (TF) avait refusé un droit de réponse à la secte raélienne. Celle-ci demandait de pouvoir exercer ce droit à la suite d’un article écrit par l’Agence APIC, publié en août 1997 par le quotidien « La Liberté ». Après le juge de la Sarine et le Tribunal cantonal, le jugement du TF, appelé à faire jurisprudence, avait rejeté deux recours de la secte contre « La Liberté ».
Les raëliens s’étaient sentis attaqués par un article publié peu avant le conclave de la secte tenu à Salquenen, en Valais (Suisse). Dans son article, l’auteur affirmait que la secte « prônait théoriquement la pédophilie et l’inceste dans ses écrits »; constatait que deux membres de la secte avaient été condamnés à Carpentras pour agression sexuelle contre une fillette de 12 ans et rappelait enfin que le Mouvement avait été jugé dangereux en France.
Lorsque la secte affirmait pour sa défense dans sa lettre adressée à « La Liberté » qu’elle condamnait formellement la pédophilie et l’inceste, elle rendait une réponse manifestement inexacte, que le journal n’avait pas à reprendre, au risque de manipuler ses lecteurs sur les visées réelles de la secte, estimait alors le Tribunal fédéral dans les considérants de son jugement. (apic/ag/pr)
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