Un film et une fête pour les 20 ans de Camarada

Genève: Accueil et formation des femmes exilées

Genève, 12 novembre 2002 (APIC) Quand les uns veulent les empêcher de venir en Suisse ou les rejettent, d’autres consentent de patients efforts pour leur permettre de s’intégrer. L’association genevoise «Camarada» accueille des femmes exilées et s’efforce de répondre à leurs besoins de formation. Elle fête ses vingt ans. Un film a été tourné à cette occasion.

Au départ, relève Maurice Gardiol, diacre protestant et président de «Camarada», il s’agissait de répondre à un besoin urgent d’apprentissage du français, pour permettre aux exilés arrivant chez nous de communiquer. Une condition nécessaire à leur intégration. On a élaboré une méthode qui s’est avérée si efficace qu’elle a été reprise par l’organisme chargé de l’hébergement des requérants d’asile. «Camarada» s’est alors tournée vers les femmes qu’il est souvent plus difficile d’atteindre, pour des raisons culturelles ou sociales. Une maison a été ouverte où sont reçues, chaque année, entre trois et quatre cents d’entre elles et une centaine d’enfants jusqu’à quatre ans. Un tiers sont des requérantes d’asile, un autre tiers bénéficient d’un permis annuel et l’on trouve dans le dernier tiers aussi bien des Latino-américaines sans papiers que des épouses de Suisses. Ces femmes proviennent d’une soixantaine de pays.

Pour les entourer, treize salariés à temps partiel (l’équivalent de six postes à plein temps) et une vingtaine de bénévoles. Il s’agit de répondre à leurs attentes, en particulier dans le domaine de la formation. D’où de multiples activités, allant de l’alphabétisation aux cours de couture ou de l’initiation à l’informatique à la sérigraphie. Ces activités sont l’occasion d’un accompagnement psychosocial informel, indique la coordinatrice, Janine Moser. Elles favorisent également la création de liens entre ces femmes qui, sinon, risquent souvent d’être isolées. Cette année en particulier, on éprouve de la peine à répondre à la demande, en raison notamment de l’étroitesse des locaux actuels.

Une vidéo, de la danse et de la musique

A l’occasion de cet anniversaire, Gabriel Hirsch et Nicolas Tschopp, du Service de communication audio visuelle de l’Institut d’Etudes Sociales ont consacré une vidéo de 20 minutes à «Camarada», disponible tant en VHS qu’en DVD. On se faufile dans le jardin d’enfants (qui permet aux mamans de suivre un cours), on assiste à une leçon de français, on entend des conseils sur le sommeil ou l’on s’informe sur la manière dont les femmes exilées sont préparées à occuper un emploi.

Ce film sera projeté samedi 16 novembre à la salle communale de Plan-les- Ouates, dans le cadre de la fête du 20ème anniversaire. Il y aura, en outre, des contes, des danses albanaises, des plats typiques et, en soirée, un concert avec une chanteuse du Québec, un groupe qui interprète de la musique d’Amérique latine et un autre du jazz gitan. L’événement est bien sûr genevois, mais «Camarada» a inspiré des réalisations du même genre dans d’autres cantons romands et jusqu’en Suisse alémanique. (apic/mba/pr)

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