Fêter 40 ans de coopération internationale

Les partenaires du MCI se retrouvent à Genève

Genève, 15 novembre (APIC) Ils sont venus à Genève du Togo, du Brésil, de Haïti, de Colombie, d’Argentine et d’Indonésie. Ce sont les partenaires du Mouvement pour la coopération internationale (MCI) qui fête en cette fin de semaine ses quarante ans d’existence.

Issu de mouvements de jeunesse, entre autres d’action catholique, le MCI a été fondé à Genève en 1962, alors que de nombreux pays du Sud accédaient à l’indépendance. Il s’est rapidement lancé dans l’appui de partenaires du Sud. Idée de base: une relation personnelle et à long terme entre ces partenaires et les membres du MCI. Celui-ci s’efforce, en même temps, de promouvoir chez nous un esprit d’ouverture au monde.

Le mouvement a joué un rôle de premier plan dans la création de la Fédération genevoise de coopération. Cette dernière rassemble aujourd’hui une cinquantaine d’ONG et gère plusieurs millions de francs de contributions publiques (notamment de communes genevoises). C’est de là que provient l’essentiel du financement des projets du MCI. A relever que celui- ci recourt uniquement au bénévolat pour son fonctionnement et reste à taille humaine.

«Pour ce quarantième anniversaire, nous avons voulu prendre le temps d’être ensemble avec nos partenaires, de les écouter et de faire la fête», a indiqué Christiane Escher, cheville ouvrière du MCI. La fête, c’est pour ce samedi soir, dans les locaux de l’Université ouvrière de Genève.

Quelle coopération pour quel développement?

Jeudi, c’était l’écoute du Sud, à l’occasion d’un riche débat sur le thème: «Quelle coopération pour quel développement?» La mondialisation néolibérale a engendré de nouvelles pauvretés et donc ouvert de nouveaux chantiers pour la coopération, a souligné en substance l’écrivain indonésien Darwis Khudori. Il s’agit, en Asie, de l’industrialisation qui entraîne l’exploitation des travailleurs ou de la pénétration du capital dans l’agriculture qui génère l’exode rural. Sa compatriote Ita Fata Nadia, militante et historienne, a évoqué les campagnes menées dans son pays contre le travail des enfants qui confectionnent les poupées Barbie ou contre les viols et autres abus des militaires indonésiens envers les femmes. Le soutien de l’Occident se fait trop souvent attendre, déplore-t- elle.

«Notre démocratie n’est pas vraiment une démocratie!» s’est exclamée Ita Fata Nadia. «Notre indépendance n’est pas vraiment une indépendance!» a renchéri le syndicaliste ivoirien Basile Mahan Gahe. Cette indépendance est en particulier bridée par des chefs d’Etat qui sont des «gardiens de prison» et par la dette, a-t-il affirmé. Quant au Brésilien Marcos Arruda, il s’est réjouit des perspectives ouvertes par la victoire de Lula aux élections présidentielles de son pays. Il espère qu’elle ouvre la voie à un nouveau modèle de développement, privilégiant la qualité de la vie et non seulement la croissance économique.

Le moteur de la mondialisation néolibérale est le profit, quel peut être le moteur de cet autre modèle de développement?» a questionné un Africain dans la salle. Réponse des orateurs: «Ce moteur peut être la spiritualité, la recherche du bien vivre et du bonheur. Or le bonheur repose sur l’amour. Il faut créer une économie amoureuse!» (apic/mba)

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