Berne: Vingtième anniversaire de l’Eglise nationale catholique romaine
Berne, 15 novembre 2002 (APIC) Une cérémonie marquera le 22 novembre les vingt ans de l’Eglise nationale catholique bernoise. Elle aura lieu à la paroisse de la Trinité à Berne, en présence de Mgr Kurt Koch. Cette reconnaissance acquise en 1982 avait constitué l’aboutissement de plusieurs siècles marqués par l’interdiction et la méfiance de la part des autorités politiques.
L’Eglise nationale est une collectivité de droit public chargée de soutenir l’Eglise catholique romaine dans l’accomplissement de ses tâches, aux niveaux régional et cantonal, dans le domaine pratique et financier en particulier. L’assemblée constitutive de son synode pour le canton de Berne s’est déroulée le 12 juin 1982, en présence de Mgr Anton Hänggi. Mais avant ce régime de collaboration, la relation entre l’Eglise catholique et l’Etat a été marquée durant deux siècles par des périodes d’interdiction, puis de tolérance. C’est finalement la création du canton du Jura, en 1978, qui précipitera la reconnaissance de l’Eglise catholique comme collectivité de droit publique.
Un peu d’histoire s’impose : la première messe catholique romaine après une interruption de 271 ans est célébrée le 9 juin 1799 au Münster à Berne, communique le Secrétariat de l’Eglise cantonale dans un dossier consacré à ce 20e anniversaire. En tant que partie de l’ancienne principauté épiscopale de Bâle, le Jura est uni au canton de Berne en 1815 par le Traité de Vienne. L’acte de rattachement garantit le droit de pratiquer la religion catholique romaine dans les communautés du Jura. Si les paroisses jurassiennes sont ainsi reconnues par l’Etat, la paroisse de la ville de Berne n’est que tolérée par les autorités. La Constitution du canton de Berne de 1831 se porte garante de la liberté religieuse. Celle de 1846 octroie le droit de proposition et de délibération préliminaire dans les affaires d’Eglise qui sont du ressort des autorités publiques à une commission ecclésiastique composée de membres catholiques.
Tensions autour de l’infaillibilité pontificale
Les tensions entre l’Etat et l’Eglise catholique s’enflamment en particulier dans la canton de Berne en 1873 à la suite de la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale par le Concile Vatican I et la révocation de l’évêque du diocèse de Bâle, Mgr Eugène Lachat. Après l’»accord de paix» de 1893, les paroisses de Bienne, St-Imier, Tavannes et Tramelan entament la procédure de reconnaissance publique par décret du Grand Conseil, mais les responsables des paroisses de l’ancienne partie du canton maintiennent une organisation catholique romaine de droit privé : les craintes de subir à nouveau des pertes dans la mouvance du Kulturkampf ne sont pas encore dissipées.
Toutes les paroisses supprimées dans le Jura en 1874 sont reconstituées en 1935, huit sont fondées et reconnues dans l’ancienne partie du canton en 1939, à Berne, Berthoud, Langenthal, Interlaken, Spiez et Thoune. La nouvelle loi sur l’organisation des cultes de 1945 est toujours en vigueur, sous le nom aujourd’hui de «Loi sur les Eglises nationales bernoises» du 1er juillet 1996. Elle maintient l’existence d’une Commission catholique romaine qui recevra mandat des délégués des paroisses en 1971 de préparer la constitution d’un synode. Entre temps, fut fondée «L’Association des paroisses catholiques romaines dans l’ancienne partie du canton» en 1952 dans le but de s’assurer une aide mutuelle sur une base suprarégionale et volontaire. Dans la même intention, les paroisses de la partie francophone du canton créaient la «Caisse de compensation des paroisses catholiques romaines du Jura et de Bienne» en 1963.
Séparation des paroisses entre Berne et Jura
1978 : création du canton du Jura. Ses paroisses se séparent du canton de Berne et s’organisent en «Collectivité ecclésiastique cantonale catholique romaine de la République et canton du Jura». L’article 84 révisé de la Constitution du canton de Berne ne fait plus allusion à une commission catholique romaine en 1979. La voie est ouverte : la nouvelle Constitution ecclésiastique entre en vigueur le 1er août 1981, le Synode composé des délégués des paroisses se constituait l’année suivante. Le centre régional «Caritas Berne» faisait office de bureau de l’Eglise nationale, qui fut privée de l’une de ses cinq régions en 1993, lorsque le district de Laufon décida de son adhésion au canton de Bâle-Campagne.
L’Eglise nationale, collectivité de droit public, est chargée de soutenir l’Eglise catholique romaine dans l’accomplissement de ses tâches. Ses organes se penchent aussi sur des questions relevant de la vie interne de l’Eglise, du fait qu’il n’existe pas de conseil pastoral cantonal sur le territoire de langue allemande du canton de Berne. Le centre «Caritas Berne» a acquis en 1995 le statut d’une association indépendante, subventionnée par l’Eglise nationale. (apic/monique-rion/bb)
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