« Une confirmation du changement de la société »
Pékin, 15 novembre 2002 (APIC) Le 16ème Congrès du Parti Communiste Chinois, qui a débuté le 8 novembre à Pékin, s’est conclu jeudi avec la sortie de scène officielle du secrétaire général Jiang Zemin et des membres de la vieille nomenclature. Le Père Angelo Lazzaroto, missionnaire de l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME), analyse l’événement. Il voit là la « confirmation du changement de la société » dans ce pays.
Les 2’114 délégués présents au rendez-vous ont élu le nouveau Comité Central du Parti. L’unique membre de l’ancienne garde réélu dans le Comité Central est l’actuel vice-président chinois Hu Jintao, destiné à devenir secrétaire général du parti. Mais surtout, il assumera la présidence de la Chine au printemps prochain, à la place de Jiang Zemin.
« Ce congrès est une confirmation du fait que la nature du Parti Communiste chinois a changé car entre temps la société s’est transformée », commente l’un des plus fameux connaisseurs italiens de la réalité chinoise, le Père Angelo Lazzaroto, de l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME), contacté par l’Agence Misna. « Il n’est pas facile de comprendre pour le moment ce que signifie l’avènement de Hu à la tête de la Chine », déclare le missionnaire. « Il a toujours été un personnage mis de côté, avec des positions qui ne convergeaient pas vraiment avec celles de Jiang Zemin, qui n’avait pas pu l’éliminer à l’époque car il avait été choisi par Deng Xiaoping ».
On peut toutefois prévoir, poursuit le missionnaire que le futur leader chinois poursuivra l’application de la théorie des « trois représentations » déjà engagée avec détermination par son prédécesseur. « Ceci change évidemment la nature du Parti Communiste, né pour défendre la classe prolétaire des abus capitalistes ».
En effet, relève le Père Lazzarotto, « au cours des années précédentes, de nombreux membres de premier plan se sont enrichis, devenant de véritables capitalistes tandis que de nombreux chefs d’entreprises ont été cooptés dans les rangs du PC. En somme, le monolithe du parti, basé sur l’opposition des classes, s’effrite peu à peu mais nous ne savons pas si cela continuera à produire la corruption, véritable plaie pour la société chinoise ».
La spiritualité mise au rancard?
Pour le missionnaire, l’ouverture à l’économie capitaliste constitue le changement le plus significatif enregistré en Chine ces dernières années, mais, malgré la course à la consommation, il y a aussi une soif croissante de spiritualité, comme le prouve par exemple la diffusion du mouvement spirituel « Falun Gong ». Ce mouvement, certes contesté, mélange de taoïsme et de bouddhisme, a été interdit et durement persécuté par les autorités de Pékin.
« Cette sollicitation concernant la spiritualité », commente le missionnaire du PIME, « n’a pas été soulignée lors des travaux préparatoires du Congrès, qui demeurent encore secrets. Des voix critiquant la position marxiste traditionnelle ont filtré. Dans ce domaine aussi des changements pourraient se manifester, mais sans doute pas dans l’immédiat. Franchement, je ne sais pas, combien parmi les nouveaux entrepreneurs cooptés par le Parti ont l’âme sensibilisée aux exigences de l’esprit ». (apic/misna/pr)
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