Un verdict « absurde », estime le quotidien du Vatican
Rome, 18 novembre 2002 (APIC) Le quotidien du Vatican se dit « complètement solidarité » du sénateur italien Giulio Andreotti, condamné par la justice italienne à 24 ans de prison pour avoir mandaté l’assassinat d’un journaliste il y a plus de 20 ans. Le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence des évêques d’Italie, apporte lui aussi son soutien « et son estime » au politicien.
Dans son édition à paraître le 19 novembre, l’ »Osservatore Romano » estime que cette nouvelle condamnation est « absurde et déconcertante ». Le quotidien du Vatican s’associe ainsi aux réactions « des différentes personnalités politiques italiennes » qui « ont immédiatement apporté leur pleine solidarité au sénateur Andreotti, suite à la sentence de la Cour d’appel de Pérouse, le 17 novembre, qui rejetait ainsi le verdict précédent.
Andreotti est accusé, suite à des « révélations tardives » de ’pentiti’ – mafieux repentis- et collaborant depuis avec la justice, d’avoir ordonné l’assassinat du journaliste Mino Pecorelli, perpétré à Rome le 20 mars 1979. Le journaliste aurait été sur le point de révéler des faits inédits sur l’assassinat d’Aldo Moro.
« Il s’agit donc d’une sinistre affirmation de la ’pentitocratié écrit l’ »Osservatore Romano », et ceci, malgré de nombreux cas de personnes accusées par ces ’pentiti’, jugées, incarcérées mais qui finalement ont été reconnues innocentes ».
« Sentence déconcertante »
Pour le quotidien du Vatican, la « sentence déconcertante » de la Cour d’Appel de Pérouse « ne fait que rendre plus urgente une révision des normes utopiques sur l’utilisation des ’pentiti’ ». Il s’agit « de garantir la certitude du droit et de sauvegarder la dignité, l’innocence et la liberté des personnes fréquemment injustement accusées » souligne le quotidien.
Interrogé par Radio Vatican au lendemain de la sentence, Giulio Andreotti dit « ne pas perdre confiance dans le système » judiciaire italien. « Nous avons un système démocratique, un système ordonné » affirme le sénateur qui cherche à « dépasser sereinement » ce moment difficile, « sans perdre confiance dans les valeurs d’une société civile, ordonnée et donc en une justice qui fonctionne ».
L’appui du cardinal Ruini
Pour sa part, dans son discours d’ouverture de la 50ème assemblée plénière des évêques italiens du 18 au 21 novembre, le cardinal Camillo Ruini juge « très lourde » cette condamnation du tribunal. « Au sénateur Andreotti, affirme le cardinal italien, je retiens qu’il est juste et de mon devoir de confirmer publiquement mon estime personnelle, dans cette triste circonstance ».
C’est en avril 1996 que s’est ouvert en première instance le procès contre Andreotti et d’autres ’boss’ mafieux, sur la base de déclarations de Tommaso Buscetta, un mafieux repenti voulant collaborer avec la justice italienne contre réduction de sa peine. Trois ans et demi plus tard, le verdict du 24 septembre 1999 innocentait tous les accusés. Commencé le 13 mai 2002, le procès en appel a ainsi renversé le jugement précédent, condamnant Andreotti et le boss mafieux Gaetano Badalamenti accusé avec lui, à 24 ans de réclusion criminelle. (apic/imedia/pr)
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