Rome: Caritas Internationalis dénonce la situation catastrophique des Irakiens

« La population civile meurt de faim »

Rome, 20 novembre 2002 (APIC) « En Irak, la population civile meurt de faim. Les enfants meurent de faim, il n’y a pas de nourriture. Et il n’y a pas non plus de médicaments, il y a seulement un grand désespoir. Quelles sont les responsabilités de ces personnes? Pour quelle raison doivent-elles encore être punies? ». Ces propos sont tenus par Mgr Youhanna Fouad El Hage, Président de Caritas Internationalis. Dans un entretien à l’Agence MISNA, il illustre les défis actuels de Caritas.

Le comité exécutif de Caritas Internationalis, qui regroupe 154 organisations d’assistance, de développement et de promotion sociale présentes dans 198 nations, est réuni actuellement à Rome pour des rencontres « opérationnelles » afin de coordonner les efforts dans une période jugée difficile. « Dans un monde qui a réalisé un si grand nombre de conquêtes technologiques et d’objectifs, il y a encore une souffrance immense. Une douleur causée par les conditions météorologiques hostiles mais pire encore par la main de l’homme », a poursuivi Mgr Youhanna Fouad El Hage.

« Le vent de guerre qui souffle et traverse le globe font respirer un air plein de tension », ajoute-t-il. « Après que le Président des Etats Unis, Georges W.Bush, ait déclaré sa « Guerre au terrorisme », je lui ai écrit une lettre dans laquelle je lui demandais ce qu’était le terrorisme. Il est fondamental de s’interroger sur les causes d’un phénomène comme celui du terrorisme, c’est seulement ainsi que l’on peut penser le vaincre réellement. Ce qui se passe au Moyen Orient en est un exemple évident », souligne le président de Caritas Internationalis et évêque de Tripoli. « Bombarder ou lancer une attaque contre l’Irak peut difficilement représenter une solution du contentieux en cours depuis plus de 10 ans entre Washington et Bagdad. D’autres douleurs et d’autres souffrances seront certainement engendrées. Ce monde a besoin de paix. Et la paix, cela signifie savoir écouter et savoir dialoguer », poursuit l’évêque de Tripoli.

Dans un dossier de Caritas Internationalis figurent des chiffres qui prouvent toute l’intensité dramatique des circonstances qu’une éventuelle attaque pourrait laisser derrière elle. Presque 16 millions d’Irakiens, environ les 2/3 de la population totale, dépendent pour leur subsistance des aides humanitaires livrées chaque mois. Les sanctions économiques de la Guerre du Golfe ont engendré une insuffisance des infrastructures de base et du système sanitaire. En cas d’attaque, selon Caritas Internationalis, le nombre de victimes pourrait varier de 10’000 morts à 10 fois plus. La réunion de son comité exécutif s’est ouverte le 19 novembre au Palais San Callisto à Rome pour se conclure le 21 novembre. (apic/misna/bb)

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