1.1.1.12.1 Déception en ce qui concerne la loi sur le chômage

1.1.1.12 Suisse: Le directeur de Caritas Suisse soulagé par le rejet de l’initiative sur l’asile de l’UDC

Lucerne, 24 novembre 2002 (APIC) Le directeur de Caritas Suisse à Lucerne, Jürg Krummenacher, s’est déclaré soulagé par le rejet dimanche par la population suisse, à moins de 3’000 voix sur 2,2 millions de suffrages exprimés, de l’initiative sur l’asile de l’UDC.

Il a par contre regretté l’acceptation de la révision de la loi sur l’assurance chômage – rejetée seulement par quatre cantons romands – Jura, Neuchâtel, Valais et Genève, mais acceptée par 56% du peuple suisse – car elle va opérer un transfert de charges de la Confédération sur les cantons et les communes. Nombre de chômeurs de longue durée qui ne seront plus indemnisés tomberont à l’assistance publique.

Jürg Krummenacher, qui s’est engagé de façon décidée sur le front de l’asile ces dernières semaines, s’attendait à ce score très serré. Le taux très élevé de ceux qui ont accepté les propositions de l’Union Démocratique du Centre (UCD) oblige désormais les responsables politiques à prendre vraiment au sérieux le mécontentement populaire face à certains aspects de la politique d’asile. « Je ne pense pas que la solution réside dans un nouveau durcissement de la politique d’asile », a-t-il déclaré dimanche à l’APIC.

Prendre au sérieux le mécontentement populaire

Le directeur de Caritas considère qu’il faut utiliser tous les moyens existant déjà dans la loi, notamment pour résoudre les problèmes causés par un petit groupe de requérants qui détournent le droit d’asile pour exercer des activités criminelles, comme le trafic de drogue. « Il faut également chercher le plus rapidement possible une adhésion aux Conventions de Schengen et de Dublin et relever le défi de mieux informer la population sur la situation de l’asile ».

Pour Jürg Krummenacher, l’acceptation de l’initiative contre les abus dans le domaine de l’asile aurait marqué la fin de l’asile en Suisse et la fin de la tradition humanitaire helvétique. L’initiative proposait notamment que les requérants d’asile qui avaient transité par un « pays réputé sûr » avant de demander l’asile en Suisse devaient y être renvoyés.

« L’acception aurait isolé la Suisse au plan international et aurait aussi été un signal aux autres Etats les invitant à suivre l’exemple de la Suisse. On a là évité une catastrophe pour les personnes véritablement persécutées, pour les vrais réfugiés, qui n’auraient plus pu obtenir chez nous le statut de réfugiés ».

Frustration sociale en hausse

Parmi les éléments qui expliquent le fort pourcentage d’acceptants, le directeur de Caritas Suisse note l’accroissement sensible des inégalités sociales, la progression de la nouvelle pauvreté et du chômage, la très grande méfiance de la population à l’égard des grands patrons de l’économie. La frustration sociale en hausse provoque des réflexes de repli sur soi dont les étrangers en général et les requérants d’asile en particulier font les frais, et une partie importante de la population en fait les boucs émissaires de la crise.

L’acceptation de la révision de la loi sur le chômage, vivement combattue par la gauche et les syndicats, est paradoxale alors que le chômage est en forte progression en Suisse. J. Krummenacher pense que l’argument du Conseil fédéral et de la majorité des partis politiques, selon lequel on assure ainsi le financement durable de la caisse de chômage, fait mouche. Cette révision de la loi sur l’assurance chômage prévoit notamment une rallonge de la durée de cotisation de six mois à un an. Et les prestations journalières ne seront plus versées que pendant 400 jours au lieu de 520 jours pour les chômeurs de moins de 55 ans.

Les plus fragiles sont les plus touchés

Le directeur de Caritas Suisse relève que la révision ne règle pas définitivement les importants problèmes de l’assurance chômage. On va assister au transfert de chômeurs de longue durée de l’assurance chômage à l’assistance publique, prise en charge par les cantons et les communes. La Confédération va se décharger dans ce cas sur d’autres, également aussi sur les oeuvres d’entraide privées.

Les personnes les plus touchées par la révision sont surtout les plus faibles. Caritas Suisse rappelle encore que l’assistance sociale est de plus liée à une certaine stigmatisation sociale. L’oeuvre d’entraide catholique plaide pour une action accrue dans le domaine de la formation pour les jeunes qui ont rencontré de graves difficultés scolaires. Caritas veut également promouvoir des projets sur le marché du travail secondaire, pour les personnes qui ne peuvent plus trouver une place de travail sur le marché habituel. (apic/be)

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