Centrafrique: Les évêques indignés par «l’insoutenable sauvagerie» des hommes armés

Viols et exactions sur les populations civiles

Bangui 25 novembre 2002 (APIC) Les évêques de la République de Centrafrique (Rca) se sont déclarés dimanche «indignés par l’insoutenable sauvagerie envers les femmes» commise par les hommes armés, dans une déclaration publique faite à Bangui.

Les rebelles du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) sont particulièrement visés. Ce mouvement rebelle avait été envoyé à Bangui le mois dernier pour aider les forces armées locales à faire face à une offensive de rebelles qui a éclaté le 25 octobre à Bangui, la capitale. Mais, depuis, ils sont accusés de viols et d’exactions sur les populations.

Dans un communiqué, les prélats ont indiqué que leur pays «mettra beaucoup de temps pour se relever de cette grande humiliation, infligée par des bandes armées venues d’ailleurs». Selon la déclaration, «nos mères, nos soeurs et nos filles ont été souillées dans leur dignité de porteuses de vie». «L’Eglise mêle ses pleurs et ses larmes aux vôtres et crie son indignation face aux terribles brutalités que nous font endurer les hommes armés», écrivent les prélats.

Les évêques ont aussi condamné «avec la dernière rigueur», la tentative supposée de prise du pouvoir par la force de l’ancien chef d’état-major des armées du pays, le général François Bozizé. Cette opération est à l’origine des affrontements meurtriers du 25 octobre dernier dans des quartiers populaires de Bangui. Sur ce sujet, les évêques ont dénoncé «ces aventures guerrières qui visent à installer un homme au pouvoir». Ils ont appelé au respect des institutions démocratiques.

Otage

Evoquant la situation économique et sociale nationales, ils ont demandé au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale d’examiner le cas de leur pays avec «beaucoup de sollicitude» du fait de la paupérisation de la population. Ils ont déploré «la répartition inégale des richesses». Celles- ci, ont-ils souligné, «ne profitent qu’à une minorité». Cette mauvaise répartition est «en partie à l’origine des tensions sociales» que connaît le pays depuis plusieurs années.

En janvier dernier, les évêques centrafricains s’étaient déjà déclarés préoccupés par la situation sociale dans le pays. «Chaque jour qui passe, avaient-ils indiqué, rapproche lentement mais sûrement la République Centrafricaine de l’implosion certaine». Depuis les mutineries (de 1996-97) jusqu’aux derniers coups de force, tout le pays est comme pris en otage, dénonçaient-ils alors. (apic/ibc/pr)

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