L’Europe respirera enfin «avec ses deux poumons»
Bruxelles, 10 décembre 2002 (APIC) La Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) salue l’adhésion à l’Union européenne de dix nouveaux Etats membres. Ce pas, estime-t-elle dans une déclaration publiée lundi à Bruxelles et intitulée «Espoir, Confiance et Solidarité», va enfin permettre à l’Europe de respirer «avec ses deux poumons». Les évêques européens espèrent que l’abolition des frontières dans la nouvelle UE ne conduira pas à l’édification d’une «Europe forteresse» fermée vers l’extérieur.
Le Conseil européen devrait confirmer l’arrivée dans l’UE de ces Etats d’Europe centrale et orientale lors du Sommet de Copenhague les 12 et 13 décembre 2002. Pour les évêques de l’UE, cette adhésion représente un tournant profondément significatif dans l’histoire du continent européen: «Cet ensemble de différentes cultures constituera un pas vers un bien commun européen. C’est la raison pour laquelle, il ne s’agit pas (pour les évêques de la COMECE, ndr), de ’l’élargissement’, mais bien de ’l’européanisation’ de l’Union européenne.»
Faire de l’adhésion de dix nouveaux Etats membres un succès exigera la solidarité entre tous, souligne la COMECE (*). Les Etats membres actuels devront mettre en oeuvre des réformes des politiques actuelles, en particulier la politique agricole commune, et partager les aides structurelles qu’ils reçoivent avec les nouveaux Etats membres.
Dans leur déclaration, les évêques européens défendent l’héritage judéo-chrétien de l’Europe et les valeurs qui constituent le patrimoine le plus précieux de l’humanisme européen. «L’Evangile de Jésus Christ a servi de source et a inspiré nombre de ces valeurs», rappelle la COMECE. Ce patrimoine va de l’esprit de la Grèce à celui du monde romain, des apports des peuples latins, celtes, germaniques, slaves et hongro-finnois, à ceux de la culture juive et du monde islamique. «Ces divers facteurs ont trouvé dans la tradition judéo-chrétienne une force capable de les harmoniser, de les consolider et de les promouvoir.»
Dépassement d’une division non naturelle entre l’Est et l’Ouest
Les évêques de l’UE soulignent que l’Eglise catholique a toujours soutenu les efforts de politiciens exceptionnels et de citoyens pour apporter paix durable et bien-être au continent européen par une «communauté solidaire» basée sur l’intégration économique et politique. Le projet de l’intégration européenne est né de l’espoir d’une réconciliation, de l’espoir que l’Europe ne souffre plus jamais de la destruction provoquée par la guerre et le conflit.
«Aujourd’hui, écrivent les évêques européens, son devoir est toujours de consolider cette réconciliation en scellant presque le dépassement d’une division non naturelle entre l’Est et l’Ouest en Europe.» Les évêques, rappelant que la Bulgarie et la Roumanie ne sont pas encore prêtes à l’adhésion, malgré les grands efforts déjà entrepris, affirment qu’il est essentiel que l’adhésion de dix nouveaux Etats membres ne donne pas lieu à de nouvelles divisions en Europe.
La Turquie et les pays du sud-est de l’Europe, qui ont d’ores et déjà été reconnus comme candidats ou candidats potentiels, doivent continuer à mettre en oeuvre les réformes exigées afin de répondre aux critères économiques et politiques établis par le Conseil européen à Copenhague en juin 1993, et ce, plus particulièrement en «garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l’homme et le respect des minorités et leur protection».
La COMECE considère encore que la Communauté européenne devrait être aussi une marque d’espoir pour d’autres régions du monde désireuses de construire sur ce modèle d’intégration pacifique, notamment en Afrique et en Amérique latine.
Une solidarité qui dépasse les frontières européennes
Les évêques de l’UE plaident encore par une solidarité qui dépasse les frontières européennes: «Les grands efforts et accomplissements liés à l’élargissement ne doivent pas nous faire oublier la responsabilité de l’Europe envers le développement mondial. Quand ils adhéreront à l’Union européenne, les nouveaux Etats membres ne deviendront pas seulement membres d’un marché unique mais également du plus grand fournisseur d’aide humanitaire et de coopération au développement du monde.» La COMECE demande par conséquent à l’Union européenne de tenir sa promesse, à savoir de consacrer 0,7 % de son PIB à l’aide publique au développement en faveur des régions les plus pauvres du globe. JB
(*) La COMECE est une commission des Conférences épiscopales catholiques des Etats membres de l’Union européenne. Les Conférences épiscopales de la République Tchèque, de Hongrie, de Malte, de Pologne, de Slovaquie, de Slovénie et de Suisse en sont des membres associés. (apic/com/be)
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