Hongrie: Les Eglises condamnent un projet de libéralisation des stupéfiants
Budapest, 15 décembre 2002 (APIC) Les responsables d’Eglise de Hongrie condamnent le projet du gouvernement de ne plus infliger d’amendes pour la possession de petites quantités de cannabis et autres drogues « douces ». « C’est la dernière étape d’un effort pour libéraliser la vie publique qui détruit progressivement la population hongroise », a déploré l’évêque Lorant Hegedus, de l’Eglise réforme hongroise.
Le projet de loi a été présenté par le gouvernement socialiste du premier ministre Peter Medgyessy. Il a été soumis une première fois au Parlement à la fin novembre et devrait être à nouveau débattu au début de l’an prochain.
« Il semble que les membres du gouvernement associent la drogue au style de vie occidental », a fait remarquer l’évêque Hegedus à l’agence d’information oecuménique ENI. Les responsables de l’Eglise réformée ont annoncé qu’ils continueraient de « prêcher et de prophétiser » contre ce projet. « Nous sommes convaincus que ce ne sont pas des politiques utilitaires libérales qui vont résoudre les problèmes de notre société, pas plus, d’ailleurs, que des politiques totalitaires », a-t-il ajouté en se référant au régime communiste qui a dirigé le pays jusqu’à 1990.
La proposition a aussi été critiquée par la Conférence épiscopale catholique. « Toute libéralisation de la loi autorisant la production, la distribution et la consommation de stupéfiants met en danger la personne humaine et toute la société », soutiennent les évêques.
Un porte-parole du Ministère de la justice a précisé au correspondant d’ENI que la mesure voulait prévenir les sanctions pour ceux qui consommaient pour la première fois. « Les statistiques montrent que 50% de tous les étudiants des écoles secondaires ont consommé des drogues au moins une fois », a-t-il expliqué. « Si cette consommation est punissable, il nous faudra alors fermer la moitié des écoles du pays. »
Une loi de 1998, l’une des plus strictes d’Europe, qui prévoyait des peines d’emprisonnement à vie pour les trafiquants, a été critiquée par les groupes de défense des droits civiques car elle punit également les consommateurs. (apic/eni/bb)
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