Encore les séquelles de la dictature

Argentine: Arrestation d’Ernestina Herrera de Noble, du groupe de presse Clarin

Buenos Aires, 18 décembre 2002 (APIC) Le juge fédéral Roberto Marquevich a ordonné mardi l’arrestation d’Ernestina Herrera de Noble, du plus important holding médiatique argentin, le groupe Clarín. Ernestina Herrera de Noble, 77 ans, est accusée d’avoir utilisé de faux documents publics, délit pour lequel elle risque une peine de 3 mois à 8 ans de réclusion.

L’affaire remonte à l’année 1995, quand Ana Elisa Feldmann de Jaján mit en doute la légalité des certificats de naissance des deux enfants adoptifs de Mme Noble, Marcela et Felipe Noble Herrera. Ernestina Herrera de Noble dénonça en outre, appuyée par l’organisation des « Folles de la Place de Mai » (« Grand-mères de Plaza de Mayo »), que ces deux gosses pouvaient être des enfants de personnes disparues, enlevés à leurs parents par des agents de la dictature militaire.

Deux autres dossiers sur le même sujet avaient déjà été ouverts et classés: les juges Adolfo Bagnasco et Marquevich lui-même avaient décrété que les preuves n’étaient pas suffisantes pour soutenir l’accusation.

A l’annonce de l’arrestation de Mme Noble, qualifiée d’arbitraire par le groupe Clarín, l’avocate des « Grand-mères » Alcira Ríos a affirmé ne pas être au courant de nouveaux éléments susceptible d’expliquer une telle disposition. D’autre part, rapporte aujourd’hui le quotidien Clarín, Mme Noble a toujours offert sa totale collaboration aux enquêtes et s’est toujours mise à disposition du juge Marquevich.

La prochaine étape, selon des sources officieuses, devrait concerner directement Mercela et Felipe, qui pourraient être soumis à un examen de l’ADN. Ces derniers n’ont cependant pas autorisé de prélèvement sanguin sur leur personne. (apic/misna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/argentine-arrestation-d-ernestina-herrera-de-noble-du-groupe-de-presse-clarin/