Doit-il rester le « jour de repos » par excellence?
Rome, 19 décembre 2002 (APIC) La polémique enfle en Italie au sujet du dimanche. La question posée, à savoir si ce jour doit ou non rester le « jour de repos » par excellence, au nom de la pluralité religieuse fait des vagues. La demande de l’Union européenne est mal accueillie. Et même durement contrée, dans la botte italienne, cheville d’une Europe aux racines chrétiennes. Les directives de Bruxelles sont du reste qualifiées de « perverses » par Mgr Giancarlo Bregantini, membre de la Conférence épiscopale italienne.
L’Eglise comme les partis politiques italiens ont en effet réagi avec vigueur à la demande de l’Union européenne de fixer dans chaque Etat une journée de la semaine comme jour férié, sans que celui-ci soit obligatoirement le dimanche. Pour des raisons de « pluralité religieuse », selon les quotidiens italiens du 19 décembre 2002. Une polémique de « principe » sur le fait que le dimanche n’est plus explicitement qualifié de « jour de repos », soulignent les journaux de la péninsule, en raison de la forte tradition religieuse de l’Italie.
Une première directive demandant de fixer le dimanche comme « jour de repos » obligatoire avait été mise en place en 1993. Une mise à jour, adoptée en l’an 2000, élimine la référence au dimanche comme « jour de repos », demandant simplement que 24 heures consécutives soient obligatoirement fériées tous les six jours, permettant ainsi une « plus grande souplesse » pour les entreprises. Chaque gouvernement doit fixer un jour de la semaine avant le 1er août 2003, date d’entrée en vigueur de la norme européenne.
Interrogé par le quotidien italien « Corriere della Sera », Mgr Giancarlo Bregantini, président de la Commission de la Conférence épiscopale italienne pour les problèmes sociaux, affirme que « la situation du dimanche est suffisamment grave pour qu’on rajoute d’autres difficultés ». Qualifiant d’ »acte pervers » le fait de ne plus citer le dimanche comme « jour de repos » en raison de la « pluralité religieuse », le prélat demande à ce que chaque religion puisse célébrer « son jour de fête ». « Il ne s’agit pas de se plier aux directives de Bruxelles sans discernement », ajoute-t-il.
A contresens
Quant au cardinal Pio Laghi, préfet émérite de la Congrégation pour l’éducation catholique, il qualifie la directive de « contresens ». Interrogé par « La Repubblica », il dénonce une volonté de substituer la tradition chrétienne par des « calculs économiques ». « Comment peut-on nier que le dimanche soit un jour particulier pour des millions d’Européens? », se demande-t-il. « Ne pas reconnaître le dimanche comme ’jour de repos’ est un contresens incompréhensible qui va à l’encontre de nos racines chrétiennes ».
Cette directive « mine les racines profondes de notre tradition culturelle et religieuse », écrit pour sa part le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, « Avvenire ». Déplorant que « la directive n’indique pas explicitement le dimanche comme « repos hebdomadaire », il affirme que « ce principe risque de devenir un point de référence juridique pour ceux qui veulent forcer les règles actuelles ».
Côté politique, la plupart des partis italiens, de droite comme de gauche ont réagi négativement à cette directive. L’Italie est le seul pays à n’avoir pas encore répondu à l’Union européenne et risque une forte amende si elle ne se décide pas avant le 1er août prochain. PR
Encadré
Ni banalisé ni trahi
Jean Paul II a déjà insisté, à plusieurs reprises, sur l’importance du dimanche non seulement comme « jour du Seigneur » pour les catholiques, mais aussi comme jour de repos en famille. Sa lettre apostolique « Dies Domini », publiée le 7 juillet 1998, invitait notamment les fidèles à redécouvrir la spécificité du dimanche chrétien, « de façon à ce qu’il ne soit ni banalisé ni trahi ». Il s’agit, pour Jean Paul II, non seulement d’une « obligation », mais aussi d’un « droit de l’homme » qui doit être protégé par des législations adéquates. (apic/imedia/pr)
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