1’500 jeunes filles ont échappé à cette pratique

Kenya: Forte baisse de l’excision des femmes depuis un an

Nairobi, 23 décembre 2002 (APIC) La pratique de l’excision a sensiblement baissé depuis un an au Kenya, à la suite de son interdiction par le gouvernement. Selon Zipporah Kittony, présidente de l’Organisation du développement des femmes (ODF), grâce à cette loi, près de 1’500 jeunes filles ont échappé à l’ablation du clitoris. L’ODF est une ONG féminine locale qui lutte pour la promotion des droits de la femme.

En 1998, une enquête a révélé que 38% des femmes kenyane âgées de 15 à 49 ans étaient excisées. Face à ce phénomène, le gouvernement a adopté en 2001 une loi bannissant l’excision des femmes âgées de moins de 16 ans. La campagne de sensibilisation qui a suivi la mise en oeuvre de mesure législative a permis une forte diminution de cette pratique de mutilation, très répandue dans l’ouest du pays. Les cérémonies d’excision y ont lieu chaque année au mois de décembre. Elles sont pratiquées sur des filles âgées de huit à douze ans.

L’ODF, a déclaré sa présidente, ne peut pas changer la tradition d’un jour à l’autre, mais a réussi à réduire de moitié le taux d’excision. Dans ce cadre, un grand nombre de jeunes filles suivent actuellement une formation, afin de lutter contre la mutilation génitale. Elles y apprennent notamment qu’elles peuvent contacter le sida lors des excisions qui se pratiquent au couteau. Dans les zones où les populations sont encore résistantes, des cours clandestins sont organisés pour les jeunes femmes dont les parents sont encore attachés à la tradition d’excision.

Selon les partisans de l’excision, les cérémonies rituelles de l’ablation du clitoris ont des valeurs sociales importantes. Elles permettent aux jeunes filles initiées de mieux connaître leurs traditions. (apic/ibc/pr)

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