Rome: Jean Paul II lance un nouvel appel à la paix au Moyen Orient
Rome, 26 décembre 2002 (APIC) C’est un nouvel appel à la paix dans le monde et plus particulièrement en Terre Sainte et en Irak « pour qu’un nouveau conflit soit évité » que Jean Paul II a lancé mercredi 25 décembre depuis la Place Saint-Pierre, dans son long message de Noël adressé au monde entier.
Comme l’an dernier, le pape a centré son discours sur le thème de la paix au Moyen Orient, avant de procéder à la traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi » et de prononcer ses voeux en 62 langues.
« De la grotte de Bethléem s’élève aujourd’hui un appel pressant pour que le monde ne cède pas à la méfiance, au soupçon, à la défiance, même si le tragique phénomène du terrorisme accroît les incertitudes et les peurs! », a déclaré Jean Paul II d’une voix moins faible que la veille, au cours de la messe de minuit.
Le souverain pontife a lu son message sur le parvis de la basilique Saint- Pierre, et non pas du haut de la loggia centrale comme le veut la tradition. Des travaux ont en effet été entrepris dans la « salle des bénédictions », empêchant ainsi le pape d’apparaître depuis la loggia.
« Les croyants de toutes les religions, ainsi que les hommes de bonne volonté, bannissant toute forme d’intolérance et de discrimination, sont appelés à construire la paix », a poursuivi Jean Paul II, « avant tout en Terre Sainte, pour arrêter enfin la spirale inutile de la violence aveugle, et au Moyen Orient, pour éteindre les sinistres aveuglements d’un conflit qui, grâce à l’engagement de tous, peut être évité ». Une allusion claire à la situation en Irak.
Le pape a par ailleurs invité les chrétiens à prier pour la situation en Afrique, « où des famines dévastatrices et de tragiques luttes internes aggravent les conditions déjà précaires de peuples entiers, même s’il y a des lueurs d’optimisme », ainsi qu’en Amérique latine, en Asie et dans d’autres parties du monde « où les crises politiques, économiques et sociales troublent la sérénité de nombreuses familles et de nombreux pays ».
62 langues
Rappelant que Noël est, pour les chrétiens, la commémoration de la naissance du Christ, Jean Paul II a ensuite proposé que cette fête soit étendue à « tous les hommes de notre temps ». « C’est aussi pour eux que naît cet enfant qui apporte au monde le salut », a-t-il dit, invitant « à reconnaître son visage sur celui des enfants de toute race et de toute culture », ainsi qu’à être « des témoins crédibles de son message de paix et d’amour, afin que les hommes et les femmes de notre temps, qui est encore marqué par de fortes luttes et des violences inouïes, sachent, eux aussi, reconnaître dans cet enfant l’unique sauveur du monde ».
« Noël, c’est un mystère de joie! », a conclu le pape devant quelque 20’000 fidèles rassemblés sous une pluie fine et devant les caméras du monde entier. « Une joie, malgré l’éloignement du domicile, la pauvreté de la mangeoire, l’indifférence du peuple, l’hostilité du pouvoir. Mystère de joie malgré tout ».
Après avoir souhaité un joyeux Noël en 62 langues différentes dont l’esperanto, le russe, l’arabe et l’hébreu – Jean Paul II a procédé à la traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi », s’adressant d’abord aux habitants de Rome, puis au monde entier. A la fin de son apparition, visiblement heureux d’être parmi les fidèles, le pape a plaisanté avec les nombreux jeunes espagnols présents sur la place.
La messe de minuit
La veille, dans la basilique Saint-Pierre, Jean Paul II avait présidé la messe de minuit, entouré de nombreux ambassadeurs accrédités près le Saint- Siège et d’une trentaine de cardinaux. Devant près de 10’000 personnes, il avait rappelé que « Jésus naît pour l’humanité, qui est à la recherche de liberté et de paix, et pour tout homme, qui est opprimé par le péché, qui a besoin du salut et qui est assoiffé d’espérance ». « C’est un signe de paix pour ceux qui souffrent à cause de conflits de tout genre; un signe de libération pour les pauvres et les opprimés; un signe de miséricorde pour ceux qui sont enfermés dans le cercle vicieux du péché; un signe d’amour et de réconfort pour ceux qui se sentent seuls et abandonnés ».
Au moment des intentions de prière, un jeune a prié en arabe « pour les responsables des pays et des organismes internationaux, afin qu’ils fassent tout leur possible en faveur de la paix, dans le respect et la liberté réciproques, surtout sur la terre tourmentée du Moyen Orient ».
Apparu fatigué, Jean Paul II a toutefois présidé toute la messe, prononçant l’homélie devant les milliers de fidèles. A l’issue de la cérémonie, il a en outre été porter la statuette de l’enfant Jésus dans la crèche de la basilique, suivant la tradition, avant de recevoir, pour dîner, certains de ses amis polonais travaillant au Vatican. Parmi eux, comme chaque année depuis 25 ans, le cardinal Andrzej Maria Deskur.
Sécurité renforcée
Comme l’année précédente, d’importantes mesures de sécurité avaient été déployées tout autour du Vatican. Alors que les policiers italiens passaient au détecteur de métaux chacun des pèlerins désirant se rendre à la messe, les gardes suisses appliquaient leur consigne « de ne faire aucune faveur ». Le nombre de gardes à l’intérieur de la basilique, ainsi que de ’gendarmes pontificaux’ avait également été renforcé. (apic/imedia/pr)
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