Pour la fin d’un conflit « fratricide et insensé »
Rome, 2 janvier 2003 (APIV) Le pape Jean Paul II a commencé la nouvelle année en appelant mercredi à la fin du conflit « fratricide et insensé » au Proche-Orient et à la paix dans le monde. Comme il l’avait déjà fait à Noël – et à maintes reprises -, le pape a lancé un appel en faveur de solutions pacifiques aux conflits possibles comme en Irak et aux conflits en cours tels qu’au Proche-Orient, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix.
« Face aux conflits actuels et aux tensions menaçantes du moment, encore une fois j’invite à prier afin que des « moyens pacifiques » de règlement soient recherchés, inspirés par une volonté d’entente loyale et constructive, en accord avec les principes du droit international », a déclaré le pape, sans citer explicitement l’Irak. « La paix est possible et juste », a affirmé Jean Paul II.
Rappelant que le monde est « bouleversé » par de nombreux conflits en cours ou qui menacent d’éclater, Jean Paul II a appelé les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, présents à la première messe de l’année, à utiliser des « moyens pacifiques » pour parvenir à la paix. Le pape participait à la messe pour la 36ème Journée mondiale de la paix célébrée dans la basilique Saint-Pierre en présence de plusieurs milliers de pèlerins venus à Rome pour commencer cette nouvelle année.
Un appel particulier a donc une nouvel fois été lancé pour la paix en Terre Sainte. En ce premier jour de l’année dédié à Marie Mère de Dieu et consacré au thème « Pacem in terris, un engagement permanent », la plupart des quelque 170 ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège avaient répondu positivement à l’invitation de Jean Paul II. Par leur intermédiaire, le pape s’est ainsi exprimé aux gouvernements des Etats représentés.
« Bethléem! Terre Sainte! »
« Bethléem! La Terre Sainte! La tension dramatique et persistante dans laquelle se trouve cette région du Moyen Orient, rend plus urgente la recherche d’une solution positive du conflit fratricide et insensé qui l’ensanglante depuis trop longtemps », a lancé Jean Paul II au cours de son homélie. « La coopération de tous ceux qui croient en Dieu est nécessaire », a-t-il ajouté en invitant « à trouver des moyens pacifiques en harmonie avec le droit international » pour la résolution des conflits.
Au cours de la messe, une des intentions de prière était particulièrement destinée aux responsables des pays et des organismes internationaux. « Que la situation dramatique que vivent les peuples du Moyen Orient et de Terre Sainte réveille chez les responsables la nécessité d’un usage correct de l’autorité politique dans le respect de la dignité et des droits des personnes ».
La Journée mondiale de la paix était plus particulièrement dédiée, cette année, à l’encyclique du pape Jean XXIII, « Pacem in terris », publiée il y a quarante ans dans un contexte international tendu. « Son enseignement reste actuel », a déclaré Jean Paul II dans son homélie. « Aujourd’hui comme à l’époque, malgré des atteintes graves et répétées à la vie sereine et solidaire des peuples, la paix est possible et juste! », a-t-il ajouté d’une voix forte, sous les applaudissements.
Reposé
Apparu visiblement reposé, Jean Paul II n’a toutefois pas présidé toute la messe, lui évitant de monter la dizaine de marches pour atteindre l’autel, au moment de la prière eucharistique présidée par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican et concélébrée notamment par Mgr Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix. Assis en contrebas du célèbre autel du Bernin, le pape a cependant lu d’une voix claire toutes les prières de la liturgie de la parole.
La veille, Jean Paul II avait présidé la dernière cérémonie de l’année, marquée par la prière du « Te Deum », en action de grâces pour l’année écoulée. Le pape avait particulièrement invité les milliers de pèlerins présents dans la basilique Saint-Pierre à accompagner cette prière d’un examen de conscience. Dans la soirée, le pape a passé une heure en prière dans sa chapelle privée, suivie de la messe, célébrée à minuit alors que de nombreux feux d’artifices illuminaient la ville éternelle et marquaient le changement d’année. PR
Encadré
« Il n’y a pas d’alternative à la paix »
« Il n’y a pas d’alternative à la paix », titre « L’Osservatore Romano » à la une de son édition du 1er janvier 2003. Dans son éditorial, le quotidien du Vatican dénonce une « mentalité de guerre perverse » qui couvre le monde, à l’aube de la nouvelle année, « d’ombres de tristesse ».
Soulignant que « nous sommes désormais habitués aux pensées de guerre et à l’inévitabilité d’une guerre » en Irak, « L’Osservatore Romano » dénonce sévèrement « l’arrogance homicide de ceux qui considèrent comme un droit de jouer avec le destin des peuples ».
« Il est urgent d’inverser le sens dans lequel la roue tourne, conclut l’éditorial en invitant à suivre « l’unique et véritable gardien de la paix, Jean-Paul II ». (apic/imedia/pr)
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