Inde: L’Eglise protestante de l’Inde du Nord veut davantage de femmes pasteurs
Ahmedabad, 9 janvier 2003 (APIC) En dépit de la résistance manifestée au début face aux premières ordinations féminines, l’Eglise protestante de l’Inde du Nord veut désormais davantage de femmes pasteurs. Le diocèse du Gujarat de l’Eglise de l’Inde du Nord a ainsi décidé de former davantage de femmes en vue de l’ordination après le succès de la pionnière Sonal Christian.
Sonal Christian est devenue la première femme pasteur dans ce diocèse il y a environ trois ans. Suivant ses traces, quatre femmes suivent actuellement des stages de formation à différents niveaux pour devenir pasteurs dans le diocèse. «La réponse a été très positive et nous préparons d’autres femmes pour le service de l’Eglise», a déclaré Vinod Kumar Malaviya, évêque du diocèse.
Le synode de l’Eglise de l’Inde du Nord, qui rassemble des anglicans, des méthodistes, des presbytériens et des membres d’autres traditions, a approuvé l’ordination des femmes dans les années 70. Mais, au début, a fait remarquer l’évêque Malaviya, la population locale a opposé une résistance très forte à l’ordination des femmes.
Rappelant une expérience vécue alors qu’il était diacre, l’évêque Malaviya a raconté que «lorsque j’invitais une femme à lire la Bible lors du service du Vendredi saint, beaucoup d’hommes quittaient l’église pour ne revenir qu’à la fin de la lecture». Sonal Christian a confié au correspondant de l’agence de presse oecuménique ENI «avoir eu beaucoup d’appréhension au début, mais ne pas avoir eu de problèmes en tant que pasteur. En fait, il n’y a pas eu de profondes différences entre mes rêves et la réalité.»
Seule femme parmi 80 pasteurs dans le diocèse du Gujarat
Elle est aujourd’hui pasteur de l’Eglise Emmanuel de Saraspur, une banlieue d’Ahmedabad – la capitale commerciale du Gujarat et un grand centre industriel, où elle exerce son ministère auprès de 75 foyers. «J’ai été très claire depuis le début, en disant ’ne me considérez pas à la légère parce que je suis une femme.’ Et cela a très bien marché», explique- t-elle. Selon elle, cela a été la clef de son succès bien qu’elle fut la seule femme parmi 80 pasteurs dans le diocèse du Gujarat.
Même si Sonal Christian a entendu l’appel de Dieu à l’âge de 15 ans alors qu’elle était encore à l’école, elle n’a entrepris des études de théologie qu’en 1992 après une licence en chimie. «A ce moment-là, dit- elle, j’avais pris ma décision.» «Les histoires que ma grand-mère me racontait sur le travail de mon grand-père qui exerçait le ministère de pasteur dans des conditions difficiles m’ont incitée à devenir pasteur», raconte Sonal Christian tout en ajoutant qu’elle ne l’a jamais connu. Sonal Christian n’avait plus sa mère lorsqu’elle a commencé ses études de théologie et c’est son père, un enseignant, qui l’a encouragé à réaliser le rêve qu’elle nourrissait alors qu’elle était à l’école.
Au journaliste qui demande à Sonal Christian, qui va bientôt avoir 35 ans, si elle envisage de se marier, elle répond qu’»une femme pasteur non mariée peut encore mieux servir les autres». (apic/eni/be)
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