Bethléem: L’Université catholique dénonce les punitions collectives infligées aux civils
Bethléem, 10 janvier 2003 (APIC) L’Université catholique de Bethléem dénonce les punitions collectives infligées aux civils. Dans un communiqué du 10 janvier, signé par le Frère Vincent Malham, vice-chancelier, au nom de la communauté universitaire de Bethléem, souligne que la ville réoccupée par les Israéliens vit à nouveau sous le couvre-feu imposé de façon aléatoire, et qu’il est devenu quasiment impossible de terminer le semestre d’études et d’organiser les examens.
En raison de nouvelles punitions collectives infligées par l’occupant, les jeunes Palestiniens sont une nouvelle fois privés d’études, note le responsable de l’institution d’éducation supérieure palestinienne fondée à l’initiative du Vatican, et vitale pour la région. Du 22 novembre au 22 décembre, écrit le recteur Vincent Malham, la population de Bethléem a subi un couvre-feu 24h sur 24h, accompagné de fermetures militaires et d’arrestations durant 21 jours complets, et un couvre-feu partiel durant 9 jours. Alors que les médias internationaux étaient attentifs à la situation de Bethléem, lieu de la Nativité du Christ, à l’occasion de Noël, le couvre- feu a été levé totalement durant 8 jours, puis partiellement durant 2 jours, du 22 au 31 décembre.
Harassement psychologique
Dès que les médias internationaux ont tourné le dos, les mesures de punitions collectives ont repris de plus belle. La levée du couvre-feu est annoncée par l’armée israélienne, qui émet ensuite un contrordre, ce qui provoque la panique et l’insécurité pour les gens dans la rue. « C’est une autre forme de punition psychologique qui exacerbe une situation déjà intolérable causée par la dernière réoccupation de Bethléem », signale le religieux américain Vincent Malham, Frère des écoles chrétiennes. Jour après jour, depuis le début de l’année, alors que le couvre-feu est annoncé officiellement comme levé, il est soudain réimposé, et l’Université doit immédiatement faire évacuer le campus aux étudiants, aux professeurs et au personnel administratif. « Aucune raison n’est donnée pour justifier ces mesures, des blindés sillonnent les rues de la ville et les soldats hurlent par les haut-parleurs l’ordre de ne pas sortir des maisons ».
« Ces actions punitives que l’armée israélienne continue à imposer aux Palestiniens innocents – familles, femmes, écoliers, travailleurs – et les effets dévastateurs de ce traitement inhumain continuel, a des conséquences terribles. Tout un peuple est humilié, battu à terre; la malnutrition s’aggrave parmi les enfants; le droit légitime à l’éducation de milliers de jeunes est dramatiquement compromis; des milliers d’heures sont gaspillées chaque fois – ces rares jours où les gens peuvent se mouvoir – à attendre aux barrages militaires israéliens; le moral des gens est brisé. les gens sont rendus incapables d’avoir un quelconque contrôle sur leur propre vie », peut-on lire dans l’appel dramatique du religieux américain.
Le Père Vincent Malham, qui en appelle à la conscience du monde civilisé, affirme que ce qui est fait aux gens de Bethléem et à la ville elle-même, réduite désormais à une place de jeu militaire dévastée par la guerre, sale et occupée, est « répréhensible, scandaleux, injustifié ». Le recteur de l’Université de Bethléem réclame le droit de continuer à éduquer les jeunes Palestiniens et le droit pour les gens de Bethléem de pouvoir vivre, se mouvoir, respirer, travailler, éduquer leurs enfants et « sortir de cet étranglement systématique » et cruel imposé par l’occupation israélienne. (apic/com/bu/be)
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