Que cessent l’injustice, la corruption et l’irresponsabilité
Bordeaux, 13 janvier 2003 (APIC) Que cessent l’injustice, la corruption et l’irresponsabilité, écrivent Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, et Mgr Jean-Claude Hertzog, son évêque auxiliaire, dans un plaidoyer pour « sauver la mer », suite au naufrage du « Prestige » et de la catastrophe écologique qu’il entraîne.
Dans une déclaration publiée le 10 janvier à Bordeaux, alors que le pétrole du bien mal nommé « Prestige » souille des centaines de kilomètres sur les côtes atlantiques, les deux prélats en appellent à la mobilisation pour mettre fin à l’injustice, la corruption et à de l’irresponsabilité, afin de, écrivent-ils, « sauver la mer » et ceux qui en vivent. « Si le risque zéro n’existe pas, il n’y a pas de fatalité ! ».
Le naufrage du « Prestige » est devenu, pour notre département, une réalité: la pollution qui touche maintenant nos côtes océanes nous fait ressentir le scandale d’une telle situation. Des Landes à la Pointe du Médoc, en des lieux dont les noms nous sont familiers, la pollution est là. Elle frappe de manière dramatique les métiers de la mer: pêche et ostréiculture. « Nous en connaissons déjà les conditions d’exercice difficiles et nous savons les problèmes auxquels ces professions sont déjà confrontées ».
Pour les deux évêques, une telle pollution altère aussi l’image de marque des plages océanes et met en péril l’avenir du tourisme « dont nous percevons les enjeux économiques importants pour le littoral et notre département ».
Ainsi, déplorent-ils, ce sont des hommes, des femmes, des familles qui sont touchés dans leurs biens, leur travail et s’inquiètent légitiment de leur avenir. Nous en connaissons beaucoup, leurs visages nous sont familiers. « Chrétiens, nous ne pouvons rester sourds à la plainte, aux craintes, aux cris de colère et de découragement de ceux et celles qui sont lésés et menacés dans l’exercice de leur profession, dans leur avenir, leur équilibre humain et spirituel. Nous nous sentons solidaires de ceux et de celles qui sont ainsi blessés dans ce qui est une de leurs principales raisons de vivre ».
Pas de fatalité
Si le risque zéro n’existe pas, il n’y a pas de fatalité! Les évêques font enfin écho à la déclaration des évêques responsables de l’Apostolat de la Mer en Espagne, au Portugal et en France, publiée le 21 novembre 2002.
Pour l’archevêque de Bordeaux et son auxiliaire, il n’est pas tolérable que la recherche du profit se fasse au détriment des personnes, de l’environnement et de la vie. « L’économie doit être au service de l’Homme et de tous les hommes. Les législations nationales, européennes, internationales doivent assurer au mieux la sécurité des mers, le respect des personnes qui en vivent et la protection des espèces. Elles doivent permettre le contrôle des navires et des techniques mises en oeuvre, elles doivent être efficacement appliquées par tous. En communion avec les catholiques du diocèse et plus particulièrement ceux des communautés et mouvements plus directement touchés par ce drame, nous sommes solidaires de ceux qui agissent et agiront pour que la situation actuelle d’injustice, de corruption et d’irresponsabilité cesse le plus rapidement possible. Le coût humain des pratiques actuelles est trop élevé ».
La mer n’est pas un dépotoir
Les deux prélats concluent par un appel à la solidarité avec les victimes. Ils déclarent appuyer les actions menées pour s’opposer à la destruction et à la dégradation des réalités maritimes. « Puisse notre appel au bon sens, à la justice, au respect et à la solidarité internationale être entendu: la mer n’est pas un dépotoir, elle est lieu de vie et don de Dieu ! » (apic/com/pr)
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