Grogne contre une disposition qui fait la part belle aux orthodoxes

Bulgarie: Les Eglises minoritaires déplorent les restrictions inscrites dans une nouvelle loi

Sofia, 14 janvier 2003 (APIC) Les Eglises minoritaires de Bulgarie déplorent les restrictions contenues dans une nouvelle loi entrée en vigueur au début de cette année. Cette loi, qui fait la part belle à l’Eglise orthodoxe, autorise les tribunaux à suspendre les activités d’une Eglise jusqu’à six mois, à annuler son enregistrement et à interdire ses publications.

Les Eglises minoritaires de Bulgarie condamnent cette nouvelle loi, pénalisante pour les activités religieuses non enregistrées et qui accorde un statut spécial à l’Eglise orthodoxe majoritaire dirigée par le patriarche Maxime.

« Nous sommes surpris de voir que cette loi a été adoptée aussi rapidement et que personne ne nous a écoutés », déplore le Bulgare Theodor Angelov, secrétaire général de la Fédération baptiste européenne, dont le siège est à Sofia, capitale de la Bulgarie.

La loi stipule que l’Eglise orthodoxe est « l’Eglise traditionnelle » du pays et cite une loi de l’Eglise décrivant l’orthodoxie comme « la seule véritable Eglise catholique apostolique depuis le temps du Christ ». « Si l’Eglise orthodoxe est placée au-dessus des autres et traitée de façon différente, cela va créer des problèmes », estime Theodor Angelov.

La loi, entrée en vigueur au début de cette année, autorise les tribunaux à suspendre les activités d’une Eglise jusqu’à six mois, à annuler son enregistrement et à interdire ses publications. Même si les 30 Eglises actuellement établies en Bulgarie devraient à nouveau être enregistrées, les Eglises minoritaires craignent que la loi n’entraîne une certaine discrimination à leur encontre. Il deviendra également « très difficile » pour les nouvelles communautés religieuses de s’enregistrer, précise Theodor Angelov.

La loi refuse aussi de reconnaître le clergé orthodoxe dissident qui s’est séparé de la juridiction du patriarche Maxime lors du schisme de 1996.

Crainte d’un conflit ouvert

Le procureur général est chargé de remettre toutes les églises et monastères contrôlés par le synode orthodoxe dissident à l’Eglise du patriarche Maxime, ce qui, de l’avis de Theodor Angelov, pourrait déclencher un violent conflit. « Il est évident que les parlementaires veulent mettre fin à la division de l’Eglise orthodoxe et réunir de nouveau les fidèles », fait-il remarquer. « Mais c’est une fausse démarche. Il n’est pas possible de gouverner la foi et les croyances des gens par des lois et des démarches politiques ».

Des protestants, qui appuient la contestation déposée auprès au tribunal constitutionnel du pays, ont annoncé qu’ils soutiendraient un appel lancé au Conseil de l’Europe et à la Cour européenne des droits de l’homme.

A la tête de l’Union évangélique de Bulgarie, Christo Kulichev s’est également exprimé contre la loi, en avertissant, dans une lettre envoyée au Premier ministre, le roi Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, que les Eglises se verraient ainsi refuser « l’égalité sur le plan légal ».

Catholiques, protestants et musulmans: même point de vue

Quant au vicaire général de l’administration de l’Eglise grecque- catholique, à Sofia, Blagovest Vanghelov, a craint également les retombées de ces nouvelles dispositions. Cette loi « va changer le statut de toutes les communautés religieuses ». « En fait, nous avons tous les mêmes objections – catholiques, protestants et musulmans – et nous avons exprimé clairement nos vues par diverses pétitions », a-t-il déclaré à l’Agence oecuménique ENI.

Les orthodoxes représentent 83,6 % des 7,9 millions d’habitants, selon une étude de l’Institut national des statistiques de 2001; les musulmans sont 12,1 % et les protestants et catholiques 2,5 %. (apic/eni/pr)

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