Encadré
Jean Paul II, qui devrait annoncer prochainement la béatification de Mère Teresa de Calcutta, est le pape qui a proclamé le plus de saints et de bienheureux de l’histoire de l’Eglise catholique.
A lui tout seul, il a en effet béatifié 1’288 élus en 24 ans de pontificat et il en a canonisé 465 sur les 758 proclamés saints par tous les papes qui l’ont précédé depuis la fin du XVIème siècle.
Avant le XVIème siècle, les saints étaient proclamés tels par la voix du peuple. Dans les années 60, le pape Paul VI a fait réviser la liste des saints, supprimant une douzaine de saints, comme Philomène qui n’a jamais existé. D’autres, tel le prestigieux saint Georges, furent éliminés du calendrier universel.
Le pape Paul VI a par ailleurs rendu autonome la Congrégation pour les causes des saints en la séparant de la congrégation pour les rites.
Mais la véritable «révolution» a été signée par Jean Paul II qui, en 1983, a promulgué une profonde réforme de la bureaucratie de la sainteté, en simplifiant les procès, en confiant davantage de responsabilités aux évêques locaux, chargés de prendre les premiers des initiatives dans ce domaine, et en réduisant à deux les miracles demandés aux candidats aux honneurs des autels, un pour la béatification et un pour la canonisation. Les martyres en ont été dispensés.
Cette réforme a accéléré énormément les procès, alors que des dizaines d’années sinon des siècles de procédure étaient nécessaires dans le passé pour parvenir à une conclusion. Près de 2’000 «procès en béatification et en canonisation» sont actuellement en cours.
Mais d’autres procès traînent, surtout lorsque le «candidat a laissé nombre d’écrits. Des commissions de théologiens sont en effet chargées de passer tous les documents au peigne fin pour vérifier que l’enseignement officiel de l’Eglise a toujours été respecté.
Pour des personnages comme Padre Pio da Pietrelcina, le capucin italien aux stigmates, ou Mère Teresa, la rapidité est cependant foudroyante. Leur vie parle bien plus que leurs très rares écrits ou discours.
Quant aux miracles, ils sont d’abord soumis une commission scientifique, composée de médecins même non croyants, avant d’être approuvés par les prélats de la Congrégation pour les causes des saints et ensuite par les cardinaux de ce dicastère réunis en présence du pape qui signe le décret les authentifiant. (ag/pr)
Pologne: Les Eglises polonaises consacrent le «cimetière de la réconciliation»
Catholiques et luthériens ont présidé la cérémonie
Varsovie, 6 octobre 2002 (APIC) Les responsables d’Eglise de Pologne ont consacré récemment le premier cimetière en commémoration des civils allemands victimes des communistes après la défaite allemande en 1945.
Le cimetière se trouve sur le site de l’ancien camp d’internement de Lambinowice, en Silésie du Sud, où au moins 1’500 Allemands seraient morts en 1945 et 1946 après avoir été encerclés par les forces soviétiques et polonaises. Ceux qui sont morts, pour la plupart de typhus et de mauvais traitements, ont été enterrés au camp dans des fosses ne portant aucun nom.
«La réconciliation entre personnes de différentes nationalités, religions et cultures est une occasion d’efforts communs au niveau des familles, des sociétés et des personnes», a déclaré l’évêque luthérien Tadeusz Szurman, qui représentait les 90’000 membres de l’Eglise luthérienne lors de la cérémonie oecuménique célébrée le 16 septembre au camp.
Le camp de Lambinowice, autrefois appelé «Lamsdorf», servait au début pour des prisonniers français durant la guerre franco-prussienne au 19e siècle, et a aussi été utilisé durant la première guerre mondiale. Pendant la deuxième, ce fut l’un des plus grands camps des prisonniers de guerre, utilisé principalement pour des soldats soviétiques.
Le camp a été repris par les autorités polonaises après la défaite de l’Allemagne jusqu’à octobre 1946 et utilisé comme camp de détention pour les Allemands devant être déportés au-delà des nouvelles frontières entre l’Allemagne et la Pologne.
Des historiens polonais ont estimé qu’environ 1’500 Allemands sont morts au camp de Lambinowice mais ceux qui ont fait des recherches dans les archives fédérales allemandes avancent le chiffre de 6’500.
Durant la cérémonie, Mgr Alfons Nossol, évêque d’Opole, a déclaré que le cimetière pourrait «contribuer à resserrer les liens entre la Pologne et l’Allemagne». «Nous pourrions l’appeler le cimetière de la réconciliation, a-t-il suggéré. «Les victimes de la guerre et des camps de travail nous appellent à respecter l’innocent, mais aussi à nous souvenir des souffrances d’un siècle de meurtres, de génocide et de nettoyage ethnique, politique et idéologique».
En plus des civils allemands, les restes de 7’000 détenus victimes des Allemands durant la première guerre mondiale se trouvent au camp de Lambinowice, ainsi que ceux de prisonniers de guerre soviétiques qui ont péri lorsque le camp était dirigé par les nazis. (apic/eni/pr)
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