Tchad: Les missionnaires isolés pendant plus d’un mois en Centrafrique sont à N’Djamena
N’Djamena, 17 janvier 2003 (APIC) Après plus d’un mois d’isolement en territoire contrôlé par les rebelles en Centrafrique, 25 missionnaires ont finalement pu gagner le Tchad. Huit autres missionnaires ont choisi de rester en Centrafrique. L’évacuation des missionnaires, qui ont gagné vendredi matin N’Djamena, la capitale tchadienne a été rendue possible grâce à l’aide du CICR.
A la demande de toutes les parties concernées, une équipe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a évacué hier pour des motifs humanitaires un groupe de 25 religieux, indique en effet un communiqué du CICR. Les 25 personnes ont été remises vendredi à N’Djamena aux représentants des communautés ecclésiastiques et des services consulaires concernés.
«Nous allons tous bien, le voyage du Centrafrique vers le Tchad a été long mais satisfaisant en fin de compte», commente à l’Agence missionnaire Misna Soeur Michela di Gregorio. Elle et 32 autres missionnaires, hommes et femmes de différentes nationalités étaient bloquée depuis mi-décembre à Gofo, petite localité dans le nord de la République centrafricaine, au centre de la zone contrôlée par les rebelles liés à l’ex chef d’état-major François Bozizé.
Long voyage
Depuis plusieurs jours les opérations pour l’évacuation des religieux de l’établissement des frères capucins dans le village de Gofo étaient en cours et sur le point d’être conclues. «Nous sommes partis jeudi vers 13h30. Les rebelles ont accompagné notre caravane jusqu’à la frontière avec le Tchad. De là, nous avons continué la route tous seuls et nous sommes arrivés à Sarh (à environ 150 kilomètres de la frontière) peu après 21h 30. Huit heures pour parcourir environ 250 kilomètres, la route n’est pas des meilleures et avec tous les barrages et contrôles que nous avons rencontrés sur notre chemin, on peut dire que nous nous en sommes vraiment bien sorti!», témoigne la religieuse.
Les 25 religieux qui ont rejoint le Tchad, parmi eux figurent des Italiens, des Français, des Espagnols, des Polonais, des Brésiliens et des Malgaches, ont été accueillis dans les structures missionnaires de Sarh. Et les autres? Les huit autres religieux ont décidé de rester en Centrafrique, explique Soeur Michela. Il s’agit de trois frères capucins (Norberto Munari et Damiano Bonori de Modena et le franco-italien, père Clemente Maria Scala âgé de 82 ans), d’un couple de missionnaires laïcs français qui s’occupent d’un orphelinat à Batangafo (à 10 kilomètres de Gofo) et de trois soeurs comboniennes (Silvana Gallerini florentine, Rosaria Donadoni, de la province de Bergame et Soeur Suor Vittoria de nationalité brésilienne). «Ils n’ont pas voulu partir, ils ont préféré rester aux côtés des personnes qui désormais n’ont plus rien», indique encore la religieuse.
Les effets d’une tentative de renversement
Avec ce voyage prendra fin une histoire commencée à mi-décembre pour ces 30 missionnaires catholiques et des 3 protestants. Les missionnaires s’étaient en effet regroupés dans la mission des capucins à Gofo entre le 15 et le 17 décembre 2002, en provenance de tous les diocèses de la zone de Bossangoa. La zone autour la citadelle des rebelles, qui se situe à environ 300 kilomètres au nord de la capitale Bangui, était en effet devenue trop dangereuse.
Les conditions de grave insécurité avaient rendu nécessaire leur déplacement dans un seul village où existaient des structures en mesure de les accueillir. «A la mi-décembre, la zone de Bossangoa était devenue très dangereuse. Une vingtaine de religieux avaient été contraints de s’échapper après que les rebelles aient pris d’assaut leurs maisons et missions. Certains se sont réfugiés dans la forêt, d’autres sont venus dans notre centre à Gofo, où la situation était plus tranquille. Les rebelles sont ensuite arrivés chez nous mais heureusement il s’agissait de personnes responsables. Ces dernières semaines, ils nous ont aidé comme ils ont pu. Dans d’autres zones ils ont admis eux-mêmes qu’ils agissent sans scrupules et sont très dangereux», explique soeur Michela.
Le 25 octobre dernier, des hommes armés fidèles à Bozizé ont tenté de renverser le président centrafricain Ange Félix Patassé. Après avoir été repoussés de la capitale Bangui, les rebelles ont commencé à conquérir les principales villes du nord, qu’ils contrôlent désormais en grande partie depuis 2 mois. (apic/misna/com/pr)
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