Genève: Les chrétiens du canton se sont rassemblés pour la Semaine de prière pour l’unité
Genève, 20 janvier 2003 (APIC) « C’est parce que les Eglises ont elles-mêmes un problème avec la violence qu’elles ont lancé, en 2001, une décennie pour vaincre la violence », a souligné Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), lors d’une rencontre à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette rencontre était organisée par le Rassemblement des Eglises et communautés chrétiennes de Genève, sous le titre « Genève: Les chrétiens du canton se sont rassemblés pour la Semaine de prière pour l’unité ».
« Nos loyautés religieuses peuvent être exploitées dans des situations de violence », a précisé Konrad Raiser. La situation actuelle, avec le terrorisme et la perspective d’une guerre en Irak, confère une urgence particulière à cette décennie. Celle-ci doit se traduire par des initiatives locales.
Konrad Raiser a proposé aux chrétiens de Genève d’intensifier les contacts avec les adeptes des religions minoritaires et de bénéficier de l’expérience des médiateurs de paix à l’oeuvre dans des institutions internationales.
Comme l’avait fait Jean XXIII, en 1963, en pleine guerre froide, par son encyclique « Pacem in Terris », nous devons aujourd’hui nous opposer à ceux qui considèrent que la paix est impossible, a affirmé Mgr Diarmuid Martin, nonce apostolique, représentant du Saint-siège auprès de l’Office des Nations Unies à Genève. S’il est nécessaire de combattre le terrorisme, ce devrait être une guerre en faveur de l’état de droit et du respect de la dignité de la personne. « Que l’autre, surtout le pauvre, ne soit pas vu comme un ennemi potentiel, un immigré illégal ou un terroriste, mais comme un frère! » a plaidé Mgr Martin.
De son côté, le père Jean Renneteau, archimandrite du patriarcat oecuménique de Constantinople, a mis l’accent sur la conversion intérieure de chacun d’entre nous. « Il s’agit de faire d’un être naturellement violent, un être de paix et source de paix ». Aux prises avec un accroissement de la violence et de la petite criminalité organisée, la conseillère d’Etat Micheline Spoerri en a appelé à une action complémentaire des Eglises et de l’Etat.
Les exclus et les réfugiés
Grâce à trois forts témoignages, on a ensuite quitté le domaine des idées et des principes pour se heurter à la réalité. Celle de l’exclusion d’abord, avec Jean-Marie Viénat, prêtre, responsable du CARE qui accueille chaque jour environ 150 personnes en grande difficulté matérielle et relationnelle pour un repas et diverses activités. Avec 8 professionnels et 65 bénévoles, on leur apporte ce qui leur a manqué, surtout par un regard qui leur dit: « Tu peux faire quelque chose, tu as des richesses en toi! »
La réalité des réfugiés et des requérants d’asile ensuite, avec Marcienne Mujawaha, du Burundi. Menacée par des escadrons de la mort, il a été contrainte de quitter son pays pour emprunter « le chemin de l’exil, avec tout ce qu’il comporte d’incertitudes et de souffrance ». Elle est arrivée à Genève où elle a rencontré « le regard froid et sceptique des fonctionnaires de l’Office fédéral des réfugiés ». Elle s’est retrouvée dans une société suisse qui traite trop souvent les requérants d’asile de profiteurs. Cependant, Marcienne est aussi entrée en contact avec des personnes et des groupes qui ont tissé avec elle des liens d’amitié.
On ne fait pas la paix tout seul, a conclu le diacre protestant Maurice Gardiol, pionnier de la lutte pour un accueil digne des requérants d’asile. Il n’y a pas une barque suisse qui, selon certains, serait pleine, mais nous sommes tous sur le même bateau « . (apic/mba/pr)
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